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— Gorodenkoff / Shutterstock.com

Une équipe internationale de chercheurs a identifié les plus anciennes preuves de cuisson d’aliments grâce à une utilisation contrôlée du feu, sous la forme de dents de poissons préhistoriques vieilles de près de 800 000 ans.

Des signes clairs de cuisson délibérée

La découverte a été faite sur le site archéologique de Gesher Benot Ya’aqov, où de grandes quantités de dents d’énormes carpes préhistoriques, qui évoluaient dans le lac Hula voisin et atteignaient deux mètres de long, ont été mises au jour. Lorsque ces organes sont exposés à une forte chaleur, les cristaux de l’émail dentaire se dilatent. Par conséquent, l’analyse de leur taille et de leur structure peut en dire long sur les températures qu’elles ont endurées.

Détaillé dans la revue Nature Ecology & Evolution, l’examen étroit de dents pharyngiennes, que les poissons utilisent pour broyer les matériaux durs (comme les coquillages), a montré que ces dernières avaient été exposées à une chaleur relativement faible, inférieure à 500 °C.

Selon l’équipe, cela indique clairement que les poissons ont été cuits délibérément. S’ils avaient été jetés directement dans le feu comme déchets ou combustible, ou pris dans un incendie naturel, ceux-ci auraient présenté des signes clairs d’exposition à des températures beaucoup plus élevées.

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Reconstruction 3D du crâne du poisson Luciobarbus longiceps, révélant l’emplacement des dents pharyngiennes — © Tel Aviv University

« La grande quantité de restes de poissons trouvés sur le site prouve leur consommation fréquente par les premiers humains, qui ont développé des techniques de cuisson spéciales », expliquent les auteurs de l’étude. « Ces nouvelles découvertes démontrent l’importance des habitats d’eau douce et des poissons qu’ils contenaient pour la subsistance de l’homme préhistorique, et illustrent également sa capacité à maîtriser le feu afin de cuire les aliments, ainsi que ses connaissances des avantages de la cuisson du poisson avant de le consommer. »

Une chronologie bouleversée

L’âge des plus anciennes dents étudiées a été estimé à 780 000 ans, ce qui en fait les plus anciennes preuves directes, à ce jour, de l’utilisation contrôlée du feu pour la cuisson des aliments, repoussant de plusieurs centaines de milliers d’années l’apparition de cette pratique (dont les plus anciens témoignages précédents remontaient à 170 000 ans seulement).

Les plus anciennes preuves de la maîtrise du feu remontant à un million d’années, il est probable que la cuisson au feu de bois soit apparue encore plus tôt. Si celui-ci servait au départ aux hominidés à se réchauffer et s’éclairer, il ne leur aurait pas fallu longtemps avant de réaliser son potentiel pour la cuisine ou la fabrication d’outils.

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