— babsy / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Le gouvernement français en fait-il assez dans sa lutte contre la propagation du coronavirus ? Est-il suffisamment à l’écoute des services publics et de ceux qui, malgré cette épidémie, continuent à travailler dur afin de nous garantir une vie matérielle ? La réponse d’Annie Ernaux à ces questions est négative. L’autrice a récemment écrit une lettre adressée au président de la République française Emmanuel Macron, lue par Augustin Trapenard sur France Inter. 

Depuis le début du confinement, le journaliste Augustin Trapenard demande aux auteurs de lui envoyer des lettres adressées à la personne de leur choix : les lettres de Le Clézio, Ariane Ascaride et Susie Morgenstern entre autres ont déjà été lues, et c’est maintenant au tour d’Annie Ernaux, écrivaine engagée. Signe qu’un nombre élevé de personnes partage les opinions d’Annie Ernaux, ce texte avait déjà été partagé des milliers de fois sur les réseaux à peine quelques minutes après sa lecture.

En voici un extrait : “Aujourd’hui, quoique vous le proclamiez, nous ne sommes pas en guerre, l’ennemi ici n’est pas humain, pas notre semblable, il n’a ni pensée ni volonté de nuire, ignore les frontières et les différences sociales, se reproduit à l’aveugle en sautant d’un individu à un autre. Les armes, puisque vous tenez à ce lexique guerrier, ce sont les lits d’hôpital, les respirateurs, les masques et les tests, c’est le nombre de médecins, de scientifiques, de soignants. Or, depuis que vous dirigez la France, vous êtes resté sourd aux cris d’alarme du monde de la santé et ce qu’on pouvait lire sur la banderole d’une manif en novembre dernier -L’État compte ses sous, on comptera les morts – résonne tragiquement aujourd’hui.

La lettre d’Annie Ernaux nous montre en outre à quel point les inégalités sociales sont exacerbées du fait de cette crise sanitaire. En effet, tandis que les services publics travaillent dur pour assurer notre sécurité et notre avenir, et que les caissiers et éboueurs font de même pour nous assurer une vie matérielle digne quitte à mettre en péril leur santé, les financiers proposent d’instaurer la semaine de 60 heures. Il est donc désormais temps d’abandonner ce monde à l’écoute de ses sous plutôt que de ses citoyens. Cette crise sanitaire nous fait voir qu’un autre monde est possible, un monde plus solidaire et plus égalitaire.

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marc miettaux
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marc miettaux

d’où vient cette information  »les financiers proposent d’instaurer la semaine de 60 heures » ?? et c’est certainement ce que font déjà le personnel dans les hôpitaux ou les EHPAD sans que vous soyez au courant……….