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Témoin majeur de tous les grands et petits faits et gestes de l’Homme, l’Histoire peut parfois permettre de résoudre un bon cold case vieux de plusieurs milliers d’années. Selon l’analyse médico-légale des scientifiques, un crâne de 430 000 ans reconstitué par des paléontologues et portant coups et blessures ayant entraîné la mort, constitue la plus ancienne preuve directe et irréfutable d’homicide.

L’enquête médico-légale conclut à l’homicide

Brutalement frappée à la tête, la victime de ce premier meurtre connu de l’Histoire a été identifiée comme un jeune adulte dont l’âge et le sexe restent toutefois inconnus. Découverte dans une grotte du nord de l’Espagne, sur le site de Sima de los Huesos, elle côtoyait 28 autres squelettes humains depuis près d’un demi-million d’années.

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Le crâne, catalogué sous la référence “Cranium-17”, révèle que deux coups successifs très violents ont été portés près de l’oeil gauche par une seule et même arme très dure alors que la victime était encore en vie. Publiée dans la revue PLOS ONE en 2015, cette analyse scientifique précise que les lésions observées sur l’un des crânes de cette grotte macabre suggèrent que la mort de l’un de ces humains au moins aurait été provoquée par une arme tranchante. Le mystère demeure cependant sur les causes exactes de cette tuerie.

Les blessures traumatiques n’étaient pas rares chez nos ancêtres

Suite à de nombreux débats, la principale auteure de cette étude Nohemi Sala et ses collègues sont arrivés à la conclusion que le peuple qui vivait à Sima de los Huesos appartenait à l’espèce Homo heidelbergensis, ancêtre des Néandertaliens. S’il est fort probable que les crimes de Sima de los Huesos ne sont pas les premiers perpétrés, ce ne sont certainement pas les derniers.

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Les quelques dizaines de milliers d’années qui précèdent notre ère ne font pas l’exception. L’identification d’une coupure faite par une lance sur la côte gauche d’un Néandertalien il y a environ 50 000 ans a mené les historiens et scientifiques à la conclusion qu’il s’agissait probablement d’un meurtre, ce meurtre étant jusqu’alors le plus ancien connu avant la découverte du “Cranium-17” à Sima de los Huesos.

Nohemi Sala, paléontologue à l’Instituto de Salud Carlos III à Madrid, explique cependant que « dans les archives fossiles, il y a de nombreux cas de blessures traumatiques, mais peu de preuves de meurtre ». Les restes fossiles permettant d’affirmer avec certitude que l’individu a bien été victime d’un meurtre sont plutôt rares, mais cela ne signifie pas pour autant que le meurtre était chose rare à l’époque.

Connaissez-vous l’espèce Homo heidelbergensis, ancêtre des Néandertaliens ?

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