Les poulets sont dotés d’une intelligence exceptionnelle

Non, les poulets ne sont pas que des bêtes à viande ! C’est ce qu’entend prouver la chercheuse géorgienne Lori Morino, en regroupant les résultats de plusieurs études sur cet animal familier. Et elles montrent que chaque individu a une personnalité propre et est capable de ressentir des émotions…

Le poulet (Gallus gallus domesticus) est une espèce d’oiseau domestiquée par l’Homme depuis des milliers d’années. On retrouve classiquement l’animal dans les fermes et les basses-cours, mais s’il est apprécié, c’est pour ses œufs et sa viande, non pour son intelligence. Lori Morino, chercheuse à l’université Emory en Géorgie, prouve que le poulet est pourtant capable de bien plus que ça. Dans Animal Cognition, elle regrette : « L’intelligence des poulets apparaît comme avoir été sous-estimée et éclipsée par celle des autres groupes aviens », comme les perroquets qui miment la voix ou les corvidés qui fabriquent des outils. Surtout, la quête perpétuelle du rendement a poussé les chercheurs à s’intéresser davantage aux moyens d’améliorer la production qu’aux capacités cognitives du poulet…

portrait-poulet

Pourtant, le recoupement des différentes études effectuées par Lori Morino met en évidence la distinction de plusieurs types de personnalités chez le poulet. Chez les femelles, on peut observer des mères particulièrement protectrices ou distantes, tandis que chez les mâles, on peut discerner les audacieux, les explorateurs et les vigilants. Vous avez oublié de nourrir les habitants de votre petit poulailler à l’heure habituelle ? Sachez qu’ils seront déçus ! Joie, frustration ou ennui font en effet partie du panel des émotions que les poulets sont capables de ressentir. Mieux : comme les souris, la poule et le coq compatissent les uns avec les autres !

Si le caquètement incessant des poulets sonne de manière agaçante à vos oreilles, pensez qu’ils sont en réalité susceptibles de produire 24 sons différents, dont plusieurs sont destinés à alerter d’un danger précis. La preuve en a été faite en laboratoire, alors que les poulets sont placés devant des images de prédateurs et d’autres animaux inoffensifs pour eux : les prédateurs aériens étaient signalés par un cri particulier, tandis que les prédateurs terrestres l’étaient par un autre. Une subtilité qui « suggère que la communication chez le poulet est volontaire et serait basée sur la cognition et une conscience sociale », explique la chercheuse.

poussin

Pour améliorer leur nourriture (d’un point de vue quantitatif et qualitatif), les poulets sont capables de retarder le passage à l’action. Or, Lori Morino souligne que « plusieurs auteurs affirment que le contrôle de soi est un indicateur de conscience de soi-même ». Tout comme les chiens, les poulets sont dotés d’une mémoire épisodique leur permettant de retenir où et quand ils ont trouvé tel type de nourriture. Ils peuvent également aller plus loin en anticipant l’arrivée de nourriture et en estimant la durée du temps écoulé entre deux arrivées : des poulets étudiés étaient en effet parvenus à appuyer sur un bouton toutes les 6 minutes pour obtenir de la nourriture.

Les capacités cognitives des poulets leur permettent également de reconstituer mentalement l’image tronquée d’un objet. Ainsi, la représentation d’un rectangle placée sur celle d’un poussin n’empêche pas le poulet de reconnaître le poussin. Une qualité qu’on observe aussi chez les humains, certains poissons, oiseaux ou insectes. Cette intelligence se développe tôt : dès 5 jours, les poussins sont capables d’effectuer des opérations de soustraction et d’addition, et, placés devant deux tas comprenant au maximum 5 objets, de déterminer dans lequel les objets sont les plus nombreux.

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Certains animaux sont privilégiés par les études scientifiques sur l’intelligence, tandis que les poulets, comme les poissons, sont plutôt laissés pour compte. Avec cette étude, Lori Morino remet en cause l’exploitation que nous faisons de ces oiseaux et leurs conditions d’élevage. Surtout lorsqu’on sait qu’ils posséderaient deux fois plus de neurones que les primates…


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— @DailyGeekShow