
Sur l’île caribéenne de Porto Rico, un biologiste a récemment arraché le jeune représentant d’une espèce d’oiseau menacée à une mort certaine. Un incident illustrant le fléau que représentent les espèces invasives.
Sauvetage in-extremis
Bien qu’il soit aujourd’hui illégal de posséder un boa constricteur comme animal de compagnie à Porto Rico, le mal est fait depuis longtemps. Se reproduisant rapidement, ces serpents non-endémiques ont également une fâcheuse tendance à cibler des espèces déjà menacées.
Parmi elles, le perroquet, ou Amazone, de Porto Rico (Amazona vittata). Reconnaissable à sa robe verte agrémentée de touches rouges et bleues, celui-ci est considéré comme en danger critique d’extinction par l’Union internationale pour la conservation de la nature, avec des effectifs estimés à quelques centaines de spécimens à l’état sauvage.
Il y a quelques jours, le biologiste Raúl Correa a été alerté par les cris d’un groupe d’A. vittata, alors qu’il se trouvait dans la forêt de Maricao. À son arrivée sur les lieux, il a découvert un boa constricteur adulte et plutôt massif enserrant un jeune perroquet. Après avoir coupé la tige de bambou à laquelle étaient fixés le reptile et sa proie, il a rapidement libéré l’oiseau.
Gardé en observation pendant une nuit, le jeune perroquet se portait à merveille le lendemain et a pu rejoindre sa volée. N’ayant pas eu autant de chance, son agresseur a été euthanasié puis envoyé à un laboratoire chargé d’établir son régime alimentaire.
Un véritable fléau écologique
Il n’y a pas si longtemps, le boa indigène (Chilabothrus inornatus), était le plus grand serpent présent à Porto Rico, avec des spécimens mesurant généralement entre 1 et 2 mètres. La situation a changé dans les années 1990 lorsque le boa constricteur, plus imposant, a été introduit dans la région, très probablement par le biais du commerce d’animaux sauvages.
Au cours des dernières décennies, cette espèce invasive est devenue une menace écologique majeure pour la faune locale. Ayant tendance à « subtiliser » les proies d’autres prédateurs indigènes, ces serpents ont également introduit des virus potentiellement mortels pour certaines espèces de reptiles endémiques.
« Les écosystèmes insulaires sont particulièrement vulnérables aux invasions de serpents, et Porto Rico ne dispose d’aucun prédateur naturel capable de limiter leur prolifération », rappelle l’Institut d’études géologiques des États-Unis. « Les humains sont responsables de l’introduction de ce fléau, et également les seuls à pouvoir l’enrayer. »
Une situation assez similaire est observée en Floride, avec des pythons birmans pouvant atteindre des tailles plutôt impressionnantes.