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— Tatyana Vyc / Shutterstock.com

De nouvelles recherches menées par des chercheurs européens révèlent la présence de niveaux dangereux de certains produits chimiques dans l’eau de pluie de toutes les régions du monde, y compris les plus isolées, comme l’Antarctique ou le plateau tibétain.

Des concentrations dangereuses de PFAS

Au cours des deux dernières décennies, de nombreuses substances per- et polyfluoroalkyles (PFAS) ont été éliminées des processus de fabrication en raison d’un nombre croissant de preuves indiquant des effets potentiellement toxiques sur notre organisme. Cependant, l’arrêt de leur utilisation ne signifie pas qu’elles ont soudainement disparu de la surface du globe : leurs effets à long terme sur l’environnement leur ont d’ailleurs valu d’être qualifiées de « produits chimiques éternels ».

À mesure que nous en apprenions davantage sur la toxicité réelle de ces substances, les niveaux de PFAS considérés comme étant sans danger ont considérablement baissé, tant et si bien que ceux-ci se révèlent aujourd’hui inférieurs aux niveaux de référence dans l’environnement naturel.

En juin dernier, la principale agence de protection de l’environnement américaine a suggéré que l’exposition à vie à des niveaux « proches de zéro » d’acide perfluorooctanoïque (APFO), cancérigène chez le rat, était susceptible d’avoir des effets négatifs sur la santé humaine. Publiée dans la revue Environmental Science & Technology, la nouvelle étude indique que les concentrations d’APFO dans l’eau de pluie dépassent désormais de tels seuils.

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— Gabriela Tulian / Shutterstock.com

« Sur la base des dernières recommandations américaines concernant la présence d’APFO dans l’eau potable, l’eau de pluie du monde entier serait jugée impropre à la consommation », expliquent les chercheurs. « Bien que dans les régions industrialisées, nous soyons rarement amenés à la consommer, de nombreuses personnes dans le monde s’attendent à ce qu’elle soit potable et elle alimente un grand nombre de nos sources. »

Un impact durable

L’équipe s’est concentrée sur quatre contaminants PFAS spécifiques dont l’utilisation a été fortement réduite ces dernières années, mais qui, en raison de leur persistance dans l’environnement, continueront à se déplacer dans l’hydrosphère pendant de nombreuses années. Ce qui implique leur présence « pratiquement irréversible » dans l’eau de pluie.

Bien que les effets à long terme sur la santé d’une très faible exposition à ces quatre produits chimiques restent peu clairs, les chercheurs soulignent que de nombreuses autres substances de ce type, moins étudiées, sont encore largement utilisées. Suggérant que l’étude ne représente que la pointe de l’iceberg.

« Il est essentiel d’éviter une nouvelle escalade du problème de l’exposition environnementale et humaine à grande échelle et à long terme aux PFAS en restreignant rapidement leur utilisation partout où cela est possible », estiment les scientifiques. « Nous devons cesser de répéter continuellement les mêmes erreurs avec d’autres produits chimiques persistants. »

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lydia aoustin
lydia aoustin
1 mois

pas étonnant malheureusement, depuis les années 1970 des scientifiques on prévenu et il fallait agir il y à 50 ans, le plus grand destructeur est l’homme et cela l’amène à sa perte, je ne dis pas merci à tous ces industriels et autres pollueurs en tous genre, je souhaite simplement… Lire la suite »