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Le Sahara est le plus grand désert de sable du monde. Avec une surface de 8,6 millions de kilomètres carrés, cet immense désert se caractérise par un climat très chaud et sec. La région n’est quasiment jamais arrosée par la pluie et la température moyenne peut y atteindre les 50 degrés Celsius en été. Pourtant, elle était auparavant humide et regorgeait de points d’eau. Durant la période de l’Holocène, entre 12 000 et 6 000 ans avant J.-C., les étendues arides du Sahara abritaient notamment une végétation luxuriante, de nombreux mammifères, ainsi que plusieurs espèces de poissons.

Un peu moins de 20 000 fossiles trouvés sur les lieux

D’après une étude parue le 19 février dernier dans la revue PLOS One, 17 551 fossiles datant de 10 200 ans à 4 650 ans avant notre ère ont été recensés sur le site de Takarkori, dans le sud-ouest de la Libye, tout près de l’Algérie. Collectés entre 2003 et 2006, les fossiles ont été étudiés par Savino Di Lernia et son équipe de l’université Sapienza, à Rome.

Leur étude a démontré que 80 % des restes d’animaux appartenaient à des poissons d’eau douce, dont le poisson-chat et le tilapia. Et des marques de coupures sur les os suggèrent qu’il s’agissait de déchets alimentaires humains. Quant aux fossiles restants, tout porte à croire qu’une grande partie appartenait à des mammifères tandis qu’une petite partie appartenait à des oiseaux, des reptiles, des mollusques et des amphibiens.

Les lacs se sont progressivement asséchés

L’étude a également démontré que 90 % des restes datés de 10 200 ans à 8 000 ans avant J.-C. étaient des arêtes de poissons. Cependant, cette proportion a chuté à 40 % entre -5 900 ans et -4 650 ans. « La quantité de poissons diminue avec le temps concomitamment à une augmentation de la contribution des mammifères, ce qui montre que les habitants de Takarkori se sont progressivement concentrés sur la chasse et l’élevage. »

Cette chute serait due aux baisses de niveaux de plusieurs lacs autour du site. Selon le New Scientist, les archives fossiles suggèrent que l’environnement saharien a commencé à s’assécher il y a environ 7 400 ans. Et les lacs auraient complètement disparu autour de -5 500 ans. Les habitants auraient toutefois pu continuer de pêcher dans la rivière, ce qui suggère que ces derniers étaient particulièrement doués dans ce domaine.

« Cette étude n’est qu’une pièce du puzzle, mais elle est cruciale à l’heure où nous voulons comprendre comment les êtres humains s’adaptent à des changements climatiques extrêmes », a déclaré David Wright, archéologue à l’université d’Oslo, en Norvège. Si ce dernier n’a pas participé à l’étude, il estime qu’il s’agit d’une opportunité rare de reconstituer l’évolution du régime alimentaire de l’Homme face aux changements climatiques.

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