— Dotted Yeti / Shutterstock.com

Capables de survivre à des conditions extrêmes (froid, vide, radiations), les tardigrades étaient jusqu’à récemment considérés comme quasi indestructibles. Mais ces récents travaux montrent que certaines espèces se révèleraient particulièrement vulnérables aux températures élevées.

Une véritable hécatombe chez les spécimens actifs non acclimatés

Présentée dans la revue Scientific Reports, cette étude menée par des scientifiques danois s’est intéressée à Ramazzottius varieornatus, espèce de tardigrade que l’on trouve dans les étendues d’eau douce, et a étudié les conséquences d’une exposition à de fortes températures chez des spécimens « métaboliquement actifs », c’est-à-dire capables de se nourrir et de se reproduire, et « inactifs », se trouvant dans une sorte de stase réversible. Dans le même temps, les chercheurs ont également étudié les effets d’une acclimatation progressive à ce type de températures chez les tardigrades actifs.

Et à la grande surprise des chercheurs de l’université de Copenhague, il s’est avéré que chez les spécimens actifs non acclimatés, le taux de mortalité atteignait 50 % dès 37,1 °C, tandis que son augmentation était « faible mais significative » à partir de 37,6 °C chez ceux ayant préalablement connu une phase d’acclimatation. Chez les spécimens « inactifs », ou « desséchés », le constat était toutefois bien différent, puisqu’il se trouve que ces derniers affichaient un taux de mortalité de 50 % lorsqu’ils étaient exposés à une température de 82,7 °C durant une heure.

L’augmentation des températures à l’échelle mondiale affecte une grande variété d’animaux à travers le monde et sans que nous le soupçonnions jusqu’à présent, le réchauffement climatique affectera aussi les habitats et la vie des tardigrades.

Le temps d’exposition comme facteur limitant restreignant la tolérance à la chaleur des tardigrades

Comme le précise Ricardo Neves, auteur principal de l’étude : « En nous basant sur les résultats obtenus, nous pouvons conclure que les tardigrades actifs sont vulnérables aux températures, bien qu’il semble que ces créatures seraient en mesure de s’adapter à l’augmentation des températures dans leur habitat naturel. Les tardigrades desséchés sont bien plus résistants et peuvent supporter des températures beaucoup plus élevées que celles endurées par les tardigrades actifs. Toutefois, le temps d’exposition constitue clairement un facteur limitant restreignant leur tolérance à la chaleur. »

Il convient toutefois de rappeler que cette étude concernait uniquement l’espèce de tardigrade Ramazzottius varieornatus, loin de faire partie des plus résistantes. De précédentes recherches ont en effet mis en évidence une hausse significative du taux de mortalité chez certains tardigrades à partir de 103 °C, tandis que d’autres étaient capables de survivre à des températures avoisinant les 150 °C durant près d’une demi-heure. Selon les scientifiques, les températures élevées déstabiliseraient et dénatureraient des protéines essentielles à la survie de ces êtres microscopiques.

« Les tardigrades sont connus pour leur capacité à tolérer des conditions extrêmes, mais leur résistance aux températures élevées a clairement une limite : ces dernières semblent donc être leur talon d’Achille », concluent les chercheurs danois.

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