Google profite de l’épidémie de coronavirus pour faire un tri dans les applications proposées sur son Play Store. Problème, en luttant contre les fake news, le géant américain a supprimé de nombreuses applications sans raison valable, dont un podcast.

Le Play Store fait le ménage dans ses applications

Il suffit de faire référence au coronavirus pour qu’une application soit supprimée du Play Store. C’est ce qui est arrivé à de nombreux développeurs qui ont vu leur travail effacé du jour au lendemain. Le 16 mai dernier, le fondateur de Podcast Addict s’est vu suspendre son appli et a perdu des millions d’utilisateurs en un claquement de doigts.

Cette appli propose certes des podcasts qui évoquent le coronavirus, mais sans pour autant propager de fausses informations. Heureusement, après avoir fait appel, tout se termine bien pour lui. « Nous sommes encore en train de faire quelques réglages dans nos procédures de lutte contre la désinformation, mais cette application n’aurait pas dû être retirée », affirme Hiroshi Lockheimer, patron du système Android sur Twitter.

Même si les émissions parlent d’actualité, Google a décidé de supprimer toute trace du coronavirus pour éviter la désinformation. En effet, de nombreuses applications sauvages de téléchargement d’attestations dérogatoires sont apparues durant l’épidémie. Fortement critiqué, Google a pris les devants, quitte à atteindre la liberté d’expression des utilisateurs.

Ce ménage est-il une atteinte à la liberté d’expression ?

Dans le mail qu’envoie Google aux développeurs concernés par les suppressions, on peut lire : « Les applications faisant référence ou allusion au Covid-19, sous quelque forme que ce soit, ne seront approuvées pour être distribuées par Google que si elles sont publiées, commandées ou autorisées par des organismes gouvernementaux, ou des organismes de santé publique. »

Or, pour les propriétaires des applications, il s’agit ni plus ni moins d’une atteinte à la liberté d’expression. Médéric Degoy, un conseiller municipal du village de Sournia dans les Pyrénées-Orientales s’insurge : « Quelle autorité ont-ils pour faire ça ? On tombe dans la logique des avocats à l’américaine où on se borde dans tous les sens. Ces boîtes-là sont devenues de gigantesques administrations qui ont un contrôle régalien, et qui décident de ce qui est vrai et de ce qui est faux. »

Pire, France Info pointe du doigt le double jeu de Google, qui se nourrit justement de toutes les informations sur le Covid-19 pour augmenter ses revenus. Google n’a pas commenté cette accusation.

Play Store
— BigTunaOnline / Shutterstock.com

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