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L’analyse de données collectées par un télescope spatial il y a une quarantaine d’années suggère la présence d’un objet massif dans le Système solaire externe, qui pourrait bien être l’insaisissable neuvième planète recherchée par les astronomes.

Une découverte surprenante

Si l’existence de la planète Neuf, monde hypothétique orbitant bien au-delà de Neptune, aux confins de notre Système solaire, a été suggérée par l’orbite étrange de petits objets de la ceinture de Kuiper semblant subir l’influence gravitationnelle de quelque chose de plus grand, aucune preuve concrète n’a encore été trouvée.

Dans le cadre de travaux pré-publiés sur le serveur arXiv, Michael Rowan-Robinson de l’Imperial College de Londres a examiné les données d’un ancien télescope spatial, l’IRAS (Infrared Astronomical Satellite). Lancé en 1983 et ayant fonctionné pendant neuf mois, l’appareil a balayé le ciel dans l’infrarouge lointain, découvrant des objets tels que des astéroïdes et des comètes.

Le scientifique britannique recherchait des preuves de la présence d’un objet précédemment négligé orbitant à la distance proposée pour la planète Neuf, et un candidat s’est distingué. Possédant une masse trois à cinq fois supérieure à celle de la Terre, ce dernier orbite environ 225 fois plus loin du Soleil que la Terre, soit à peu près à l’emplacement prévu par les modèles.

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En raison des capacités limitées du télescope, il est pour l’heure difficile d’affirmer qu’il s’agit bel et bien d’une planète : le candidat s’avère proche de notre plan galactique, disque épais rempli d’étoiles pouvant être confondues avec des planètes dans un ensemble de données restreint. « Toutefois, il se comporte comme un objet en mouvement, ce qui suggère qu’il s’agit d’une planète et non d’une étoile lointaine », souligne Rowan-Robinson.

Des caractéristiques ne correspondant pas exactement à celles prévues

Si l’objet s’avérait effectivement être une planète, il ne correspondrait pas tout à fait aux caractéristiques prévues pour le neuvième monde du Système solaire. « Il est un peu trop petit, un peu trop proche et légèrement trop incliné par rapport au plan du Système solaire », souligne Mike Brown, chercheur à l’Institut de technologie de Californie ayant proposé l’existence de la planète Neuf en 2016.

Selon Samantha Lawler, de l’université de Regina au Canada, il vaut toutefois la peine de jeter un coup d’œil à l’emplacement prévu de cette planète candidate, afin de confirmer ou infirmer son existence.

Quant à savoir si ce monde candidat et la planète Neuf pourraient coexister, Rowan-Robinson juge cela peu probable. « Si cet objet est réel et qu’il ne s’agit pas [de la planète Neuf], alors il s’agit d’une coïncidence vraiment remarquable », conclut le chercheur.

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