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Des scientifiques américains ont récemment décrit les sons incroyables produits par les phoques de Weddell lorsqu’ils évoluaient sous les glaces de l’Antarctique. Ces derniers gazouillaient, sifflaient et roucoulaient à des fréquences sonores inaudibles pour l’oreille humaine.

Des vocalises à haute fréquence

Pour ces travaux récemment présentés dans le Journal of the Acoustical Society of America, les chercheurs de l’université de l’Oregon se sont appuyés sur deux années d’enregistrements collectés par l’observatoire océanographique sous-marin du détroit de McMurdo. L’analyse réalisée a permis de mettre en évidence neuf types distincts de vocalises ultrasoniques de phoques allant jusqu’à 50 kilohertz (la gamme des fréquences audibles pour l’oreille humaine s’étalant de 20 hertz à 20 kilohertz).

Évoluant sous la glace de mer de l’Antarctique, les phoques de Weddell utilisent leurs longues dents pour créer des poches d’air. Lorsqu’ils sont en quête de nourriture, se composant de poissons de fond, mais également de crustacés et de krill, ces mammifères marins peuvent plonger jusqu’à 600 mètres et rester immergés pendant 80 minutes environ.

Alors que 34 types d’appels de phoques (couvrant une vaste gamme de fréquences sonores et tous liés à diverses interactions sociales) avaient été identifiés au début des années 1980, la nouvelle étude s’est appuyée sur des enregistrements de vocalises sous-marines collectées à partir de 2017. Pendant deux ans, l’équipe a utilisé un hydrophone numérique à large bande, plus sensible que les équipements utilisés précédemment et capable de capter les vocalises à haute fréquence des phoques.

« Nous avons identifié de nombreux appels ultrasoniques dans les données et nous nous sommes finalement rendu compte que les phoques les utilisaient assez régulièrement », note Lisa Munger, co-auteure de l’étude. « Les cris des phoques de Weddell évoluant sous la glace créent un paysage sonore presque irréel. Vous avez vraiment l’impression d’être au milieu d’une bataille spatiale tirée d’un épisode de Star Wars », souligne de son côté Paul Cziko, qui a supervisé les recherches.

Différentes fonctions envisagées par les chercheurs

Selon l’équipe, les phoques pourraient utiliser ce type de vocalises ultrasoniques, qu’ils ont comparé au fait de changer de canal de communication, pour se démarquer de tous les bruits de basse fréquence, ou pour l’écholocalisation, capacité biologique utilisée par d’autres espèces animales pour se repérer ou localiser leurs proies.

« La possibilité que les phoques utilisent une sorte d’écholocalisation a été largement débattue au fil des ans », détaille Cziko. « La façon dont ils se dirigent et débusquent leurs proies pendant les mois d’obscurité quasi totale de l’hiver antarctique reste pour l’heure un mystère. »

« Nous aimerions également découvrir qui produit ces cris ultrasoniques. S’il s’agit des mâles, des femelles, des jeunes ou des représentants de l’espèce dans son ensemble », ajoute Munger. « Savoir comment les phoques utilisent ces ultrasons lorsqu’ils chassent en eau profonde impliquera davantage d’enregistrements, afin de pouvoir les associer à des comportements précis. »

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