Au cours des trois premiers mois de l’année 2019, les abeilles brésiliennes sont mortes en masse après avoir été exposées à des pesticides hautement toxiques autorisés par le gouvernement Bolsonaro. Les derniers rapports estiment qu’environ 500 millions d’entre elles ont péri, et cette véritable hécatombe inquiète les environnementalistes.

290 types de pesticides autorisés à la vente depuis janvier 2019

La disparition massive des abeilles constitue une préoccupation majeure étant donné que ces dernières, en leur qualité de pollinisatrices, jouent un rôle essentiel dans le maintien de notre écosystème. Mais au-delà du nombre impressionnant de morts enregistrées récemment au Brésil (près d’un demi-milliard de spécimens), c’est surtout les causes de cette hécatombe qui inquiètent. Nombreux sont les écologistes à pointer du doigt la récente recrudescence de l’utilisation de pesticides dans le secteur agricole brésilien, qui représente environ 18 % de l’économie du pays, qui se trouve également être le plus gros importateur de pesticides au monde.

Depuis la prise de fonction de Bolsonaro en janvier dernier, le Brésil a largement assoupli la réglementation concernant l’utilisation des pesticides et autorisé la vente de 290 types de ces produits hautement toxiques, ce qui représente une augmentation d’environ 27 % par rapport à l’année précédente. Selon le rapport de l’organisme brésilien de surveillance de la santé, 20 % des échantillons analysés comportaient des concentrations en pesticides largement supérieures aux niveaux autorisés. Les analyses menées en laboratoire ont plus tard confirmé que les pesticides contenant des néonicotinoïdes et du fipronil, interdits en Europe, représentaient la principale cause de mortalité des abeilles au Brésil.

Des conséquences terribles

Ces trois dernières années, au moins 193 désherbants et pesticides contenant des produits chimiques interdits sur le sol européen ont été autorisés au Brésil. Et les conséquences de cette orientation se font aujourd’hui sentir dans tout le pays. Aldo Machado, vice-président de l’association apicole brésilienne Rio Grande Do Sul, a notamment expliqué que sa colonie d’abeilles s’était éteinte en un temps record. « Elles ont commencé à mourir en masse et c’est un cycle mortel qu’il est difficile d’arrêter, car lorsque les abeilles en bonne santé commencent à débarrasser les ruches des spécimens mourants, elles se retrouvent à leur tour contaminées. »

Bien évidemment, les pesticides utilisés pour traiter les cultures se retrouvent également dans les produits consommés par les Brésiliens. Les problèmes de santé associés peuvent être débilitants, induire des vomissements constants, une constipation importante, un gonflement de la peau et même une déficience visuelle.

Stefano Carella / Shutterstock.com

Ces symptômes apparaissent chez de nombreux ouvriers agricoles, qui se retrouvent dans l’incapacité de travailler. C’est notamment le cas d’Andresa Batista, qui a reçu 40 000 réaux brésiliens (environ 9 000 euros) de la part de son ancien employeur dans le cadre d’un règlement extrajudiciaire. « Ce jour-là, nos vies ont pris fin. Nous ne sommes plus les mêmes personnes qu’avant », a t-elle expliqué.

En 2018, le ministère brésilien de la Santé avait enregistré 15 018 cas d’intoxications liées aux pesticides agricoles. Un nombre effarant, considéré comme bien en dessous de la réalité par le ministère.

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