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— anatolypareev / Shutterstock.com

Les résultats de récentes recherches remettent en question l’idée que les rats européens aient largement contribué à la persistance de la peste bubonique sur le continent pendant des siècles.

Évaluer le rôle des rats dans les épidémies européennes récurrentes de peste bubonique

Agent pathogène causal de la peste noire, la bactérie Yersinia pestis, dont les origines ont été retracées jusqu’aux confins du Kirghizistan, a entraîné plusieurs épidémies massives en Europe entre le XIVe et le XIXe siècle. On estime que la pire d’entre elles, survenue entre 1347 et 1353, a causé la mort de millions de personnes.

Si la peste bubonique est transmise à l’homme par la morsure de puces ayant préalablement piqué des rats infectés, qui constituent le réservoir animal de la maladie, une nouvelle étude publiée dans la revue PNAS suggère que les conditions environnementales de l’époque auraient empêché sa persistance à long terme au sein des populations européennes de ces rongeurs.

Pour parvenir à ces conclusions, une équipe internationale de scientifiques s’est penchée sur les facteurs environnementaux associés aux réservoirs actifs de peste sur le territoire chinois, qui ont été comparés à ceux de l’ouest des État-Unis afin d’obtenir un modèle représentatif de leurs homologues européens dans des contextes modernes et historiques.

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Les Philistins frappés par la peste — Everett Collection / Shutterstock.com

Leurs travaux suggèrent que seule 0,6 % de la zone géographique de l’Europe aurait pu présenter des conditions favorables, incluant certaines parties de l’Espagne, du Portugal, du sud de la France, de l’Italie occidentale/centrale et de la Grèce orientale.

Des souches asiatiques introduites à plusieurs reprises

Selon les scientifiques, de tels résultats remettent en question le rôle des rongeurs sauvages dans la persistance de la peste bubonique en Europe, et renforçent l’idée que des souches asiatiques d’Y. pestis aient été introduites (probablement via les routes commerciales) à plusieurs reprises sur le continent, où elles auraient subsisté à moyen terme dans des réservoirs locaux.

« Nos analyses suggèrent fortement que les facteurs environnementaux locaux en Europe occidentale et centrale, notamment la composition chimique du sol, l’altitude et les climats, n’ont pas fourni des conditions favorables à la persistance à long terme de réservoirs de peste maintenus par les rongeurs sauvages et leurs ectoparasites », résument les auteurs de l’étude.

« Ces résultats ont une grande importance pour l’étude de la peste humaine à travers l’histoire et fournissent de nouveaux outils pour résoudre les énigmes qu’elle pose depuis des siècles », concluent-ils.

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Babar
Babar
9 jours

Grosse bêtise: ce ne sont pas les rats qui transmettent directement la peste mais leurs puces qui s’infectent avec le sang qu’elles prélèvent et régurgitent en piquant un hôte humain.