pilosité
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De nouvelles recherches indiquent qu’un ensemble de gènes et de régions régulatrices du génome semblant être essentiels à la production de poils ont été désactivés chez plusieurs espèces de mammifères, en particulier celles ayant évolué plus rapidement.

Des analyses génétiques révélatrices

Si la plupart des mammifères sont couverts de fourrure, certains, notamment les rhinocéros, les éléphants, les rats-taupes nus, les dauphins et les humains, présentent une pilosité corporelle beaucoup plus faible voire inexistante. Afin de faire la lumière sur ce phénomène, une équipe de chercheurs des universités de Pittsburgh et de l’Utah ont comparé les codes génétiques de 62 espèces animales.

Être dépourvu de poils présente des avantages propres à l’évolution. L’absence d’une pilosité dense permet ainsi aux éléphants de réguler plus facilement leur température corporelle, et aux morses d’évoluer beaucoup plus efficacement dans l’eau.

Détaillée dans la revue eLife, l’analyse de 19 149 gènes et de 343 598 régions régulatrices conservés chez des dizaines d’espèces de mammifères a révélé que les créatures glabres avaient accumulé des mutations dans bon nombre des mêmes gènes, notamment ceux codant pour la kératine et d’autres éléments facilitant la croissance des follicules pileux.

ADN
— vitstudio / Shutterstock.com

Il s’est également avéré que les régions régulatrices du génome (qui, au lieu de coder directement pour les structures produisant les follicules pileux, influencent le processus indirectement, en indiquant quand et où des gènes spécifiques doivent être activés) jouaient un rôle important.

Une évolution plus rapide

Une autre conclusion clé de l’étude est que les mammifères glabres ont évolué plus rapidement que leurs homologues poilus.

« Lorsque les animaux subissent une pression évolutive pour perdre leurs poils, les gènes codant pour ces derniers deviennent moins importants. C’est pourquoi ils accélèrent le rythme des changements génétiques permis par la sélection naturelle », explique Nathan Clark, co-auteur de l’étude. « Certains changements génétiques pourraient être responsables de la perte de pilosité, et d’autres constituer des dommages collatéraux après que les follicules ont cessé de pousser. »

En répondant à des questions fondamentales sur les mécanismes à l’origine de cette caractéristique plutôt rare chez les mammifères, les scientifiques espèrent identifier de nouvelles voies pour stimuler la pousse de cheveux après une chimiothérapie, ainsi que chez les personnes souffrant de calvitie ou d’autres formes d’alopécie.

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