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Les rapports quotidiens du Covid-19 révèlent, ces derniers jours, un fait inquiétant : l’augmentation du nombre de contaminations et de décès des opérateurs sanitaires à travers le monde. En Italie, l’Institut supérieur de la santé (ISS) estime que 10 % des infectés de la péninsule font partie du personnel médical.

Un triste record européen

À ce jour et d’après les chiffres communiqués par les États, c’est en Italie que les professionnels de santé sont davantage touchés. Le 9 avril dernier, la Fédération nationale des ordres de médecins en chirurgie et odontologie a annoncé le décès de 100 médecins ainsi que de 30 infirmiers et aides-soignants.

Les représentants de la fédération ont d’ailleurs initié une analyse des éléments qui pourraient être la cause du nombre élevé de morts. Ils ont dressé une liste de faits, regroupés dans une lettre qu’ils ont ensuite adressée aux responsables des régions.

En premier lieu, un manque de méthode et de communication est pointé du doigt. En choisissant de ne tester que les patients hospitalisés, les données sur le nombre de contaminés étaient erronées. Les chiffres ont donc tardé à refléter la réalité de l’épidémie. Même constat sur le fait de ne compter que les décès survenus à l’hôpital minimisant ainsi l’avancée de la pandémie dans le pays.

L’absence de consignes pour les maisons de retraite ou sur l’isolement systématique des personnes infectées aurait également contribué au désastre.

Les impacts pour les personnels soignants

Les dysfonctionnements globaux ont donc conduit à une rapide propagation du virus et, par effet rebond, à un engorgement des services d’urgence et de réanimation.

Dans ce contexte, le manque de matériel est devenu, selon la fédération italienne, la cause de la forte contamination du personnel médical : pas assez de masques efficaces, de blouses, de gants et de désinfectant.

Si la France a mieux géré les transferts entre les centres hospitaliers que ses voisins transalpins, il n’en demeure pas moins que certains professionnels de santé sont également morts du combat contre le coronavirus.

Il faudra plusieurs mois après cette crise pour dresser un bilan objectif sur ces manquements qui ne seront sûrement pas le seul fait des Italiens. Les pays devront, de manières individuelle et collective, tirer les leçons de cette pandémie afin d’être mieux organisés et préparés à l’avenir.

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