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Une nouvelle étude très sérieuse vient de prouver que la pensée logique détermine les compétences de résolution de problèmes des macaques. Dans les faits, l’exécution de tâches suit une logique primaire mais très importante, tout comme chez les humains. Il s’agit de l’inférence transitive.

La logique comme base de leurs actions ?

L’étude a été publiée par l’université américaine Columbia. Les chercheurs se sont alors concentrés sur la capacité de ces animaux à utiliser l’inférence transitive, qui est une forme de raisonnement déductif qui était, jusqu’à récemment, uniquement associé à l’Homme. Un exemple simple de cette logique est la compréhension que si A vient avant B, et que B vient avant C, alors A doit venir avant C. En suivant cette logique, les animaux seraient théoriquement capables d’anticiper des actions, en se fondant sur un principe de logique absolue.

Alors, cette dernière ne serait pas réservée uniquement à l’intelligence humaine. C’est en tout cas ce que les chercheurs estiment depuis plusieurs années, après des études menées sur plusieurs animaux qui pourraient bien aussi s’en servir : des primates, des rongeurs, des oiseaux ou encore des guêpes. Pour le moment, rien n’est affirmé, car les chercheurs, pour mener à bien leur expérience, utilisent à chaque fois un principe de récompense. Ainsi, difficile d’estimer si cette compétence cérébrale est acquise dès la naissance, ou si c’est le fruit d’un apprentissage associatif, et donc uniquement en raison de la récompense.

Pour éviter de se retrouver dans le même cas de figure, les chercheurs ont mené un autre type d’expérience. Les macaques ont ainsi effectué jusqu’à 600 essais afin de déterminer l’ordre de 7 images apprises au sein d’une liste. Il y avait ainsi une montgolfière, un épi de maïs ou encore un zèbre. Pendant quelques sessions, les animaux recevaient une petite récompense, s’ils identifiaient correctement laquelle des deux images était présente dans la liste. Pour une réponse incorrecte, ils recevaient également une récompense, plus petite. Mais pour ne pas suivre ce principe de récompense, les scientifiques ont, dans les autres sessions, donné des butins plus généreux aux macaques qui se trompaient dans leur réponse, contrairement à ceux qui avait vu juste.

Un macaque berbère

Une expérience inédite ?

L’expérience a été un franc succès : les singes apprenaient constamment à bien identifier les images, suivant le degré de la récompense. À la fin des sessions, ils ne faisaient que peu d’erreurs, et les scientifiques ont également constaté que le fait de récompenser une réponse correcte produisait un apprentissage plus rapide. Dans les faits, les scientifiques auteurs de l’étude affirment que les singes sont capables de lier mentalement des paires d’éléments (ici des images) afin de parvenir à un choix logique.

Puisque, dans certaines sessions, les chercheurs ont inversé le système de récompense, on peut désormais affirmer qu’ils ont suivi un principe de logique, et non simplement pour leur butin. Malgré les erreurs, ils continuaient à identifier avec précision les bonnes images. Le raisonnement logique est donc plus important que la récompense. Les scientifiques estiment que si ces macaques ne raisonnaient pas en utilisant le principe de déduction transitive, ils auraient échoué à quasi tous les essais de la deuxième session, qui récompensait les mauvaises réponses. Pour l’heure, il s’agit de la première étude de ce genre. 

Représentation d’un cerveau humain

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