— Spencer Arquimedes / Shutterstock.com

Des archéologues péruviens ont récemment annoncé la mise au jour des vestiges d’un temple précolombien dans le nord-ouest du pays, vraisemblablement dédié au culte d’une divinité arachnéenne.

Hybride mi-homme mi-araignée

Le site avait initialement été découvert fin 2020 par des agriculteurs locaux réalisant des travaux d’agrandissement de leurs cultures de cannes à sucre et d’avocats. Mais en raison de la pandémie de coronavirus, l’archéologue Régulo Franco Jordán et ses collègues n’ont pu se rendre sur les lieux qu’en mars dernier. L’examen du monument (ou « huaca » en langue quechua) a permis aux chercheurs de mettre en évidence une imposante peinture murale de couleur ocre, rouge, grise et blanche s’étendant sur un mur de briques et de boue.

Selon les chercheurs, l’édifice initial aurait été bâti il y a environ 3 200 ans et était probablement utilisé à des fins cérémonielles. Décrite comme « un être zoomorphe stylisé », la divinité représentée était un hybride mi-homme mi-araignée, animal occupant une place importante dans la culture précolombienne.

La proximité du sanctuaire avec la rivière traversant la vallée de Virú suggère quant à elle que le dieu avait un lien avec l’eau et que des cérémonies étaient probablement organisées dans le temple durant la saison des pluies, entre janvier et mars, lorsque le niveau du cours d’eau était le plus élevé.

Ayant prévalu le long de la côte nord du Pérou de 1250 à 500 av. J.-C., la culture cupisnique a été marquée par la construction des premiers temples connus de la région par les peuples indigènes. Selon les archéologues, à l’époque précolombienne, les divinités arachnéennes étaient associées à la fertilité et fréquemment représentées sur des poteries.

Un site archéologique à préserver

Les archéologues ont rapporté qu’environ 60 % du temple avait été détruit par les activités d’expansion agricole, ne laissant derrière elles que la structure de 15 mètres de large pour 5 de haut accueillant la fresque géante. L’endroit a été baptisé « Tomabalito » en référence au Castillo de Tomabal, autre site archéologique situé à proximité.

Jordán a requis une « intervention d’urgence » auprès du gouvernement péruvien afin de limiter l’accès au site jusqu’à ce que les restrictions actuelles liées au coronavirus soient levées.

Image du haut : les chevrons (à gauche) constituent une partie des pattes du dieu araignée, tandis que les formes géométriques (à droite) représentent la partie inférieure du couteau qu’il brandit.

« Le site a été référencé et la découverte sera protégée afin qu’elle puisse faire l’objet d’une étude approfondie une fois la pandémie terminée », ont précisé les archéologues.

COMMENTEZ

connectez-vous pour commenter
avatar
  S’abonner  
Notifier de