Un homme, qui était dans le « top 10 » des pédocriminels les plus recherchés du monde, a été arrêté le 7 juillet chez lui, en Gironde. Inconnu des services de police et de la justice, il animait des sites pédopornographiques accessibles à des milliers de personnes sur le darknet, dans lesquels il mettait également en scène ses filles mineures pendant qu’il les violait.

L’un des pédophiles les plus recherchés du monde

Il a été arrêté le 7 juillet chez lui, dans un petit village à l’est de Bordeaux, où ne vivent pas plus de 750 personnes. Selon la procureure de la République de Bordeaux, Frédérique Porterie, il « était devenu l’une des dix cibles prioritaires mondiales » de la lutte contre la pédocriminalité. Il « permettait à des milliers d’internautes dans le monde d’avoir accès à des photographies ou vidéos à caractère pédopornographique », poursuit la magistrate.

Cantonnier de métier, il travaillait sur « trois ou quatre communes proches« . Autodidacte en informatique, il exerçait ses activités pédocriminelles « la nuit, a priori, sans éveiller les soupçons de sa femme », selon une source proche du dossier. Il agissait « en solitaire » derrière son ordinateur, mais il avait également « pour habitude d’échanger avec d’autres internautes, pour partager des contenus« . Il était dans le radar des services de lutte contre la pédophilie depuis 2014, au point d’être « devenu l’une des dix cibles prioritaires mondiales« .

― icsnaps / Shutterstock.com

Un profil lambda

Selon une source proche du dossier, cet homme arrêté présente « un profil tout à fait commun, lambda : marié, père de famille, intégré avec une profession« . Selon Mme Porterie, le profil est surprenant : c’est « en pleine campagne, c’est très surprenant (…) Ce n’est pas là qu’on s’attend à découvrir l’un des principaux animateurs du darknet dans le domaine de la pédophilie (…) il était dans le top 10 des pédophiles les plus recherchés au monde ».

Il a été retrouvé par l’OCRVP – un service de la police judiciaire française, qui a travaillé en étroite collaboration avec Europol (l’office de police européen), qui dispose d’une cellule de lutte contre les réseaux pédopornographiques internationaux du darknet. « Un internaute était particulièrement ciblé par l’ensemble des services répressifs mondiaux depuis plusieurs années, utilisant un pseudonyme et qui administrait sur le darknet deux sites pédopornographiques », a précisé Frédérique Porterie, ajoutant qu’il avait en 2017 partagé « sur ces réseaux des photos et vidéos de sa propre production ». Finalement, « les enquêteurs de l’OCRVP ont réussi à identifier son adresse IP », a-t-elle ajouté. Il est également accusé de viols sur 2 de ses 3 enfants, des fillettes âgées de 4 et 8 ans« Sa femme, pour l’instant n’a pas été mise en examen ni mise sous le statut de témoin », précise son avocat, maître Simon Takoudju, « ce qui veut dire qu’elle n’est pas inquiétée de près ou de loin par le juge d’instruction, même si cela peut évoluer ».

Selon son avocat, l’homme a « souhaité collaborer avec la justice et présenter ses excuses pour ce qu’il avait fait (…) ce n’est pas quelqu’un qui est dans une négation de l’horreur ». « Il s’est senti pris dans un engrenage avec l’impossibilité d’en sortir (…) depuis des années, il aurait voulu stopper tout cela. Cette arrestation quasiment salvatrice lui permettra (…) peut-être de trouver les raisons qui l’ont poussé à faire cela. »

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