Les paresseux sont arrachés à leur habitat et maltraités pour de risibles selfies avec les touristes

Au Pérou, les bûcherons en mal de sol peuvent arrondir leurs fins de mois en braconnant des paresseux. Vendus 13 $ pièce au port d’Iquitos, ces animaux indolents et sans défense sont condamnés à finir leurs jours dans la cage dorée d’un particulier ou dans une usine à selfies touristiques…

 

Le paresseux, ou l’innocence incarnée

Aucune créature n’a jamais autant mérité son nom que le paresseux. Sa lenteur légendaire et son visage figé en un sourire béat ont fait de lui l’animal phare du Costa Rica et, plus largement, de nombreux pays d’Amérique du Sud. Il est la quintessence même de l’animal débonnaire et pacifique pour qui la vie serait un long fleuve tranquille s’il n’y avait les humains… Et plus particulièrement les bûcherons.

Au Pérou, certains abatteurs d’arbres ont vu dans le paresseux un moyen inespéré de mettre un peu de beurre dans les épinards. Pourquoi s’en priver après tout ? Ces animaux léthargiques peuvent dormir jusqu’à 20 heures par jour accrochés aux cimes des arbres ! Des proies d’autant plus faciles à capturer que leur incurable flemmardise ne leur permet pas d’excéder 38 mètres par jour

La bonté ne paie pas 

Les bûcherons péruviens reconvertis dans le braconnage écument sans relâche les forêts tropicales à la recherche de paresseux. Lorsqu’ils en trouvent un « assez mûr », ils le font descendre de son arbre à coups de haches et de machettes. Une fois que l’arbre s’est effondré, écrasant à moitié le pauvre animal, les braconniers s’en emparent et le jettent violemment dans un sac poubelle. Arrivés au port d’Iquitos, si le paresseux n’est pas mort du stress de sa capture, les braconniers le vendront 13 $ à un marchand spécialisé dans la vente illégale d’animaux sauvages.

« À partir du moment où ces animaux sont arrachés à leur habitat naturel, il y a très peu de chances qu’ils connaissent une happy end. »

 

Neil D’Cruze, 

World Animal Protection

Devenu la propriété d’un trafiquant sans scrupules, le paresseux n’a plus que deux options : finir sa vie comme animal domestique, ou atterrir dans une usine à selfies touristiques pour les visiteurs « amoureux des animaux » plus intéressés par les likes Instagram que la condition animale. L’activité est en vogue au Pérou : si le Machu Pichu et les paysages naturels ne vous suffisent pas, vous pourrez toujours faire un détour par la ville de Puerto Alegría, le paradis des selfies exotiques. Les marchands y mettent à votre disposition près de 18 espèces différentes – toutes maintenues en captivité – pour assouvir vos caprices en tous genres.

Vous pouvez signer la pétition de Wild Animal Protection contre le commerce des selfies exotiques juste ici.


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