— Vicky Gosselin / Shutterstock.com

Oui, vous avez bel et bien lu : à Amsterdam, depuis l’année 2013, les alcooliques sont payés en bière afin de nettoyer les rues de la ville. Un projet lancé afin de venir en aide aux sans-abri, aux toxicomanes et aux alcooliques pour qu’ils puissent retrouver le chemin de la réinsertion sociale. 

Amsterdam. Il n’est que 9 heures du matin et plusieurs hommes sont déjà regroupés, bière et cigarette à la main, non pas pour discuter mais plutôt pour débuter leur journée de travail : ils s’apprêtent à aller nettoyer les rues de la ville. Cela peut paraître particulièrement surprenant mais il s’agit d’une solution trouvée par la ville néerlandaise, en collaboration avec la Rainbow Foundation, afin d’occuper les alcooliques durant la journée.

Comme l’a rapporté le site Timeslive, « ce groupe d’alcooliques chroniques causait une gêne dans l’Oosterpark : bagarres, bruit, commentaires désobligeants pour les femmes.(…) L’objectif est de les tenir occupés, les amener à faire quelque chose afin qu’ils ne causent pas de problème dans le parc », a rapporté Gerrie Holterman, directrice du projet de la fondation, financé par l’État ainsi que par des dons néerlandais.

Ainsi, ces personnes sont divisées en deux groupes d’environ dix personnes et chacun de ces groupes travaille trois jours par semaine. Ensuite, ils reçoivent tous 10 euros, un déjeuner gratuit, un demi-paquet de tabac à rouler et cinq canettes de bières : deux en début de journée, deux à midi et enfin une après le travail. « La directrice du projet note avec soin la consommation de chaque travailleur. Et la confiance est telle que si elle doit s’absenter quelques instants, les alcooliques enregistrent eux-mêmes le nombre de canettes bues », poursuit le site.

Si cette solution peut en choquer certains, elle n’est pas pour autant choquante en Hollande. Par ailleurs, les participants ont rapporté ne pas vouloir venir si on ne leur donne pas de bière. “Nous avons besoin d’alcool pour fonctionner. C’est l’inconvénient de l’alcoolisme chronique”, a notamment témoigné un sans domicile fixe d’une quarantaine d’années. 

Gerrie Holterman a de surcroît ajouté que “tout le monde en profite : c’est comme cela qu’il faut voir les choses.(…) Ils ne sont plus dans le parc, ils boivent moins, ils mangent mieux et ont une occupation pendant la journée(…) Les héroïnomanes peuvent bien aller dans les salles de shoot, alors pourquoi ne pourrions-nous pas donner de la bière à ces gens ?” Si les habitants en profitent, les alcooliques aussi : ils voient en ce projet la belle opportunité de se réinsérer socialement

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