La Pierre d’Arthur — © UKgeofan / CC BY-SA 3.0

Une équipe d’archéologues britanniques a récemment pu déterminer comment la Pierre d’Arthur, célèbre monument néolithique situé sur une colline à la frontière du pays de Galles, avait été érigée il y a des millénaires.

Un tombeau légendaire

Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, le site n’avait jamais fait l’objet de fouilles approfondies. Si la découverte de squelettes à proximité d’autres monuments similaires de la région suggérait qu’il s’agissait d’une sorte de tombeau à chambre (dolmen), les chercheurs ignoraient en grande partie comment cet imposant conglomérat de quartz avait pu être assemblé, 3 700 ans environ avant notre ère.

Comme son nom l’indique, la pierre est étroitement liée à la légende du roi Arthur, qui l’aurait initialement retirée de sa chaussure, tandis qu’un autre récit implique l’évêque gallois Saint David qui, irrité par un culte druidique local, l’aurait brisée en deux d’un coup d’épée au VIe siècle. En dehors de ces mythes, les chercheurs et historiens disposaient jusqu’à récemment de peu d’éléments sur lesquels s’appuyer afin de faire la lumière sur cet étrange monument.

Des excavations réalisées à proximité ont montré que celui-ci faisait autrefois partie d’un paysage cérémoniel beaucoup plus vaste. Selon les archéologues, la pierre était à l’origine recouverte de gazon compacté, maintenu en place par une série de poteaux. Ce long monticule aurait fini par s’effondrer et aurait été rebâti avec une orientation légèrement différente. Alors que le premier pointait originellement vers une zone située entre les collines de Skirrid et de Garway, le second aurait vraisemblablement fait face à celle de Dorstone.

Le champ où les fouilles ont été réalisées

Des sites étroitement liés

En 2013, trois tumulus similaires, comprenant deux « salles mortuaires » et ayant été construits il y a environ 6 000 ans, avaient été découverts sur la colline de Dorstone. Selon l’équipe, la date, la structure et l’orientation de la Pierre d’Arthur suggèrent que ces deux sites à flanc de colline étaient étroitement liés. « Chacun de ces trois monticules de gazon avait été construit sur l’empreinte d’un grand bâtiment en bois ayant été délibérément brûlé », explique l’archéologue Julian Thomas de l’université de Manchester.

La Pierre d’Arthur est loin d’être le seul empilement étrange de rochers découvert au Royaume-Uni, mais il s’agit probablement du plus célèbre. Si la construction du monument semble avoir demandé beaucoup d’efforts, son apparence s’avère quelque peu trompeuse. Au lieu d’empiler ces grandes pierres les unes sur les autres, le sol sous la roche principale a probablement été creusé afin de faire glisser celles destinées à la soutenir. Un long monticule de terre, qui s’étendait jusqu’au champ où les récentes fouilles ont été menées, a ensuite été ajouté par-dessus.

Selon les chercheurs, les éléments encore visibles aujourd’hui ne représentent sans doute qu’une fraction des structures qui existaient autrefois sur ces collines séparant deux vallées. « Bien que la Pierre d’Arthur soit un monument mégalithique d’importance internationale, ses origines restaient jusqu’à présent obscures », souligne Thomas. « Pouvoir faire la lumière sur cet impressionnant tombeau vieux de 5 700 ans est formidable. »

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