20 expressions françaises que vous utilisez régulièrement sans connaître leurs origines

20 expressions françaises que vous utilisez régulièrement sans connaître leurs origines

Nous les employons très souvent dans notre quotidien. Nous les connaissons depuis toujours car nos parents les employaient aussi. Certaines sont drôles, farfelues, insensées etc.. Mais connaissez-vous réellement la signification des expressions françaises ? Cet article vous sera très instructif, cela coule de source !

SE PRENDRE UN RÂTEAU 

Prendre un râteau signifie « se faire recaler » via Depositphotos

Née très récemment (années 90), l’image de cette expression est on ne peut plus claire : la douleur et la situation ridicule subies après avoir marché sur un râteau est semblable à celles ressenties après qu’une personne se soit chargée de vous décliner vos avances. A noter qu’en Allemagne, une expression similaire se traduit par « recevoir un panier ». Et en espagnol, c’est plutôt la citrouille que l’on prend.

MARIAGE PLUVIEUX, MARIAGE HEUREUX

On dit que lorsqu’il pleut à un mariage, le couple sera heureux via Depositphotos

Cette expression est toujours la proie des adeptes de jeux de mots. Apparue dans la littérature au cours du XXe siècle, cette fameuse phrase tenait à donner de l’espoir aux couples malheureux subissant la pluie le jour de leur mariage. Une once d’espoir, qui, dans certain cas, s’avérera totalement erronée lors du divorce survenu plus tard. Cela étant dit, certains petits malins préfèrent écrire « Mariage plus vieux, mariage heureux ». Sous-entendant que se marier à un âge plus avancé, assure d’avantage de bonheur. Une expression similaire existe en Espagne, Italie et Pays-Bas.

POINT BARRE ! 

« Point barre » peut être remplacé par « point à la ligne » via Depositphotos

Le fameux « point barre ! » a petit à petit été remplacé par « point à la ligne ! » depuis le XXe siècle. Il existe un grand nombre d’hypothèses sur l’origine de cette expression. Néanmoins, la plus probable est issue de la dactylographie. Lorsque l’on achève une phrase avec un clavier, on utilise un point et un espace, obtenu avec la « barre » d’espace. D’où le « point barre » pour achever une discussion ou tout échange. Un grand nombre de pays enregistrent une expression synonyme, plutôt répandue sous le terme de « point final ».

AU RAS DES PÂQUERETTES 

« Au ras des pâquerettes » signifie « ça vole bas » via Depositphotos

Synonyme de « ça vole bas », l’expression signifie que ladite chose ou action est désolante. La pâquerette est une petite fleur que l’on retrouve à foison dans les champs. Elle est petite et sans grand intérêt pour la plupart des personnes (sauf les enfants). Ainsi, toute blague ou parole insignifiante se retrouvera au même niveau d’indifférence que la pauvre petite fleur. Dans le piémont (Italie), la même expression concerne les crapauds, pendant qu’en Angleterre, ce sont les coquelicots qui sont pris à partie.

COUPER LA POIRE EN DEUX

Couper la poire en deux signifie partager via Depositphotos

Inutile de donner une explication à cette expression : elle parle d’elle-même. Néanmoins, pourquoi une poire et non une pomme ou tout autre objet ? En 1882 (date approximative où cette expression est aperçue dans la littérature française), Félix Galipaux et Lucien Cressonnois écrivent une saynète entre deux protagonistes qui discutent. Celle-ci s’intitule « la poire en deux ». L’histoire parle de deux personnes se disputant la récitation d’un texte. L’un propose de « couper la poire en deux », de façon à ce que chacun lise un paragraphe. L’histoire s’achève sans que les deux hommes ne se soient mis d’accord. Personne ne sait si l’expression existait avant ou si c’est la saynète qui y donna naissance. Si en Espagne, il semblerait que l’on coupe aussi des poires, aux Pays-Bas et en Roumanie visiblement, on préfère épargner ou concilier le chou et la chèvre.

PRENDRE LE TAUREAU PAR LES CORNES

Prendre le taureau par les cornes signifie solutionner un problème via Depositphotos

Cette expression signifie de s’attaquer à un problème en y faisant face. Elle est le contraire de « faire l’autruche » en quelque sorte. Il se pourrait que cette expression ait été ramenée par Noberto Caimo après son voyage en Espagne en 1755. Il raconte avoir vu des hommes ayant « attrapé un taureau par les cornes avant de le renverser par terre ». Signe de courage de la part des toréadors, ce récit est devenu métaphore depuis.
De nombreux pays ont repris la même image afin de définir le courage et la détermination.

UNE NUIT BLANCHE 

Dans la langue française, le « blanc » signifie la « nullité » : examen blanc, mariage blanc, balle à blanc….. En ce sens, une nuit blanche signifie donc l’absence de sommeil. D’autres théories confrontent les couleurs : nuit blanche vs nuit noire. Mais la plus probable des explications provient de Russie. En effet, sous le règne de Catherine II, beaucoup de français appréciaient les étés russes. Les nuits n’y étaient jamais très sombres et c’était le moment du Festival des Nuits Blanches à Saint-Pétersbourg. Ainsi, outre le manque d’obscurité, la fête faisait que les gens dormaient peu et s’amusaient toute la nuit. En Espagne, Pologne et Roumanie, il existe la même expression pour indiquer l’insomnie.

À L’EAU DE ROSE

Expression née au XVe siècle, plutôt utilisée en tant qu’« eau rose ». Ce n’est qu’au XVIe siècle qu’elle devient « eau de rose ». Voltaire l’a également utilisée vers 1759 mais elle était considérée comme « vulgaire ». Néanmoins, l’eau obtenue après distillation de pétales de rose, symbolisent l’amour et les femmes. Nul doute qu’il s’agisse d’une mièvrerie directement lié à la féminité avec une connotation machiste.

FAIRE UNE BELLE JAMBE

Un homme dubitatif via Depositphotos

A s’y méprendre, l’on pourrait croire qu’il s’agit là d’un atout de charme féminin. Or il n’en est rien ! Au contraire même, il s’agit tout simplement d’une expression issue des anciennes tenues masculines qui laissaient apercevoir les mollets galbés sous un collant moulant. Autrefois, les vêtements masculins étaient composés de haut de chausse (style de pantacourt) et de bas de chausse (un collant). Ce dernier était visible et donc, il fallait l’habiller avec goût afin d’en révéler tout le galbe. Autrement dit, « faire la belle jambe » signifiait « faire le beau ». Au XIXe siècle, l’expression « ça me fait bien la jambe » donnera naissance à « faire une belle jambe ». En Italie on préfère « faire une belle moustache » qu’une « belle jambe ».

UN CORDON BLEU

Créé par Henri III vers la fin du XVIe siècle, le cordon bleu était en fait une distinction pour le plus méritant. Chaque détenteur faisait partie d’une élite récompensé par un ruban bleu plutôt que par de l’argent. Par la suite, les meilleures cuisinières s’entendaient dire, par plaisanterie, qu’elles pourraient être des « cordons bleus », autrement dit, prétendre à un titre élitiste. Puis en 1832, le dictionnaire de l’académie désigne officiellement les meilleures cuisinières comme étant des cordons bleus. Le titre de « cordon bleu » a également été conservé tel quel en Allemagne et en Angleterre pour désigner les bons cuisiniers.

FAIRE LE POINT

Il faut se rapporter à la marine pour trouver la source de cette expression. En effet, datant du début du XXe siècle, elle fait référence à la navigation. Pour œuvrer en mer, il fallait être minutieux. Il n’existait aucun autre moyen de repérage que les astres. Or « le point » était la position du navire sur une carte. Et « faire le point » signifiait tout simplement de calculer la position du navire grâce aux éléments visibles (étoiles, terre…). A noter qu’en Angleterre et en Italie, la même expression est utilisée.

TOURNER AUTOUR DU POT

L’expression naît au XVe siècle, émanant d’une métaphore. Il s’agit d’une personne cherchant un moyen détourné d’obtenir un avantage. Le pot était la marmite dans laquelle cuisait les repas. Les petits gourmands cherchaient toujours à s’en approcher petit à petit, l’air de rien, afin d’y goûter à l’insu de la cuisinière. Au XIXe siècle, cela s’étend aux personnes cherchant à aborder un sujet de manière indirecte.

AVOIR LA DALLE

Au XIVe siècle, « la dalle » signifiait la gouttière ou l’auge. Ce n’est que deux siècles plus tard que le mot dalle signifie une plaque de pierre. Au XVe siècle, la dalle était un mot argotique désignant le « gosier ». Ou l’endroit où passent les aliments. C’est Auguste Le Breton en 1960 qui parle d’avoir la dalle. L’expression concurrence la très connue « avoir une faim de loup » ou encore « mourir de faim ».

SE TIRER LA BOURRE

La bourre désigne des rejets de poils ou de tissus dès le XIIe siècle. Puis cela devient les amas de poils d’animaux servant à remplir les coussins ou autres objets. Deux phénomènes peuvent expliquer la naissance de cette expression : celui des anciens lutteurs de foire qui se battaient torse nu dont des touffes de poils étaient arrachés pendant les combats. Et l’autre provenant de la chasse, où les chiens arrachaient les poils des proies attrapées en se battant pour obtenir ladite bête.

JETER L’ÉPONGE

Cette expression vient tout droit du monde de la boxe et est utilisée depuis 1877. Le coin du boxeur avait pour habitude de jeter sur le ring, l’éponge qui servait à nettoyer le compétiteur. Cela dans le but d’annoncer son abandon, si et seulement si, le boxeur n’était pas capable de demander grâce son adversaire.

NE PAS ÊTRE DANS SON ASSIETTE

L’assiette ne désigne pas ici le plat pour manger mais la posture du cavalier. Cette expression survient en 1580. C’est Montaigne qui en fait mention afin de définir la position assise, tel un cavalier sur sa monture. Elle fait référence à l’état d’être et donc l’état d’esprit. En Russie, l’on utilise également cette expression pour signifier la même chose.

FAIRE UN CACA NERVEUX

Un homme très énervé au volant via Depositphotos

Apparue durant le XXe siècle, cette expression fait référence aux nouveaux-nés devenant rouges au moment de pousser pour faire leurs excréments. Le rouge étant la couleur de la nervosité, les deux associés donnent naissance à une expression plutôt significative.

PRENDRE DES VESSIES POUR DES LANTERNES

Une femme naïve via Depositphotos

Autrefois, les vessies de porc et de bœuf étaient gonflées et séchées pour être utilisées comme récipients. Parfois, une bougie était placée dedans et n’importe qui pouvait donc prendre ces vessies pour des lanternes à cause de leur forme similaire.

LA LUNE DE MIEL

Un couple en lune de miel via Depositphotos

La première apparition de cette expression daterait de 1522 et serait anglaise : honeymoon. Elle est utilisée deux siècles plus tard en France sous sa traduction littérale. L’origine remonterait à l’époque de Babylone où le père de la mariée devait offrir à son gendre des quantités astronomiques de « mead » (bière à base de miel), et ce, durant tout le mois après le mariage. Le calendrier était basé sur le cycle lunaire. Le mois du miel est donc logiquement devenu la lune de miel.

MORDRE LA POUSSIÈRE

Aux temps anciens, les lutteurs combattaient à même la terre. Souvent, le vaincu était projeté au sol et ingurgitait de la poussière ou de la terre. L’expression est donc tirée du sens littéral du terme. En anglais, hollandais et espagnol, la même expression est employée.

Nous espérons que cet article vous sera utile ! Vous pouvez également tester vos connaissances sur les expressions françaises en participant à ce quiz.

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