plus grand organisme
— Carolyn Dietrich / Shutterstock.com

Pour la première fois de sa longue histoire, l’un des plus grands organismes vivants du monde, une colonie d’arbres génétiquement identiques partageant un seul système racinaire, est sur le point de se scinder en trois parties distinctes.

Un géant nommé Pando

Au cours des années 1970, l’analyse d’échantillons de trembles de l’Utah avait révélé qu’ils constituaient une colonie unique. Baptisée Pando, celle-ci était exclusivement composée de clones, qui partageaient un seul et même gigantesque système racinaire souterrain, s’étendant sur une surface de 40,5 hectares. Si les groupes clonaux de ce type d’arbres ne sont pas rares, les caractéristiques exceptionnelles de Pando en font l’un des organismes les plus remarquables de la planète.

Alors que les arbres qui le composent ne vivent généralement qu’une centaine d’années, l’âge de son système racinaire a été estimé à environ 10 000 ans. Largement considéré comme le plus grand organisme vivant en termes de biomasse brute (6 000 tonnes environ), il est devancé en termes de superficie par une gigantesque prairie sous-marine découverte cette année au large des côtes australiennes.

Paul Rogers, de l’université d’État de l’Utah, étudie Pando depuis des années. En 2017, il avait cosigné une étude portant sur les effets des processus modernes de gestion forestière sur l’organisme, suggérant que les empiètements humains et animaux menaçaient sa capacité à produire de nouveaux arbres, ou « tiges ».

Des politiques de conservation insuffisantes

Si une recherche ultérieure avait estimé que la clôture de certaines zones pourrait être un moyen efficace de préserver la capacité de Pando à se régénérer, dans son nouvel article, publié dans la revue Conservation Science and Practice, Rogers juge cette approche insuffisante, soulignant que son système racinaire massif montre actuellement des signes de rupture, et pourrait prochainement se scinder en trois entités distinctes.

« Le principal problème de Pando est que les cerfs et le bétail mangent les nouvelles tiges avant qu’elles n’arrivent à maturité », explique le scientifique. « Celui-ci est initialement apparu parce que l’Homme, au cours du siècle dernier, a réduit les populations de prédateurs que sont les loups et les ours dans la région. »

Si la protection de ce système végétal constitue un enjeu relativement mineur dans une perspective de conservation plus large, l’histoire de Pando et son déclin illustrent une nouvelle fois l’impact de notre espèce sur les écosystèmes naturels.

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lydia aoustin
lydia aoustin
2 mois

les loups et les ours devraient être réintégrés, l’homme se croit intelligent, quel tristesse, si trop de cervidés, les arbres se font manger avant de pouvoir grandir, les seuls qui peuvent réguler ; les prédateurs

MAUVAIS ALAIN
MAUVAIS ALAIN
2 mois

Quel essance. Seriez vous à implantées et penseriez- vous .

Que il n’y a pas eux d’autres tentatives comment les pousse . Ne peuvent pas être dévoré par ce qui vivent sur les secteurs qui ont étaient planté, à vous de trouvé, qui peut vous aider. De limpidesgemmes@gmail.com