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Les règles de l’ADN, considérées comme inébranlables depuis des décennies, ont été remises en question par une découverte surprenante dans un étang d’Oxford. Un minuscule protiste, identifié comme Oligohymenophorea sp. PL0344, modifie le code génétique d’une manière qui défie les conventions. Le Dr Jamie McGowan et son équipe de l’Institut Earlham et de l’université d’Oxford ont trouvé cette anomalie en testant une méthode de séquençage de l’ADN pour les organismes unicellulaires. 

Les règles de l’ADN

L’ADN, souvent comparé à une recette immuable de la vie, est le support de l’information génétique dans tous les organismes. La transcription de l’ADN en ARN et la traduction de l’ARN en acides aminés, éléments constitutifs des protéines, suivent des règles bien établies.

Les codons stop, TAA, TAG et TGA, marquent la fin d’un gène, et leur universalité est considérée comme un pilier de la biologie moléculaire. Ces codes génétiques universels sont l’un des éléments fondamentaux qui permettent aux scientifiques de comprendre et d’interpréter l’ADN. Cependant, l’histoire de l’ADN est loin d’être figée, comme le prouve la découverte récente.

Oligohymenophorea sp. PL0344 – Un protiste inhabituel

L’organisme microscopique Oligohymenophorea sp. PL0344, un cilié vivant dans l’eau, a été la source de cette découverte. Contrairement aux attentes, ce protiste traduit les codons stop de manière atypique. Seul TGA est utilisé comme codon stop, tandis que les codons TAA et TAG, qui sont généralement liés, sont traduits en deux acides aminés différents.

De plus, il y a un excès de TGA dans son génome, ce qui compense l’absence des deux autres codons stop. L’impact de cette découverte est profond. La façon dont les organismes traduisent leur code génétique est au cœur de la biologie. Les divergences dans ces règles peuvent avoir des implications importantes pour notre compréhension de la diversité de la vie et de l’évolution.

Une anomalie qui défie les conventions

La découverte de cette divergence génétique chez Oligohymenophorea sp. PL0344 remet en cause les normes établies en biologie moléculaire. Alors que TAA et TAG sont généralement liés, ce protiste les traite de manière distincte. Cette exception à la règle soulève des questions sur la diversité de la vie et les limites de la compréhension des codes génétiques.

Elle incite les chercheurs à explorer davantage la biologie moléculaire à la recherche d’autres surprises inattendues. L’un des aspects les plus intrigants de cette découverte est la manière dont elle élargit la vision de la biologie moléculaire. Les chercheurs sont désormais confrontés à la perspective de réexaminer de nombreuses idées préconçues sur la manière dont les gènes sont lus et interprétés.

Inspiration pour de futures découvertes génétiques

La découverte d’Oligohymenophorea sp. PL0344 suggère que des codes génétiques inhabituels, tels que celui de ce protiste, pourraient être une source d’inspiration pour créer de nouveaux codes génétiques artificiels. Les scientifiques sont encouragés à explorer les mystères de la nature, même lorsque leur recherche n’est pas spécifiquement axée sur de telles anomalies.

Les implications de cette découverte sont vastes. Elle souligne que la nature est un réservoir inépuisable de surprises et d’innovations, et que notre compréhension de la biologie est loin d’être complète. Cette recherche pourrait ouvrir la voie à de nouvelles avancées dans la manipulation des codes génétiques, avec des applications potentielles dans la biotechnologie et la médecine. 

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