Pour lutter contre les tiques, cet incroyable oiseau se sert de… mégots de cigarettes !

A l’université autonome nationale de Mexico, une équipe de chercheurs a mis en lumière un comportement nouveau chez le Carpodacus mexicanus, un petit oiseau urbain : pour lutter contre les tiques qui sont dangereuses pour lui, il garnit son nid de mégots de cigarettes. Une adaptation incroyable de l’animal à son environnement.

Une expérience menée sur 32 nids

Constantino Macias Garcia et son équipe de chercheurs, après avoir observé le comportement des oiseaux dans leur milieu naturel, a voulu prouver ses hypothèses en menant une véritable expérience. Ils retirèrent la garniture originelle de 32 nids de Carpodacus mexicanus, qu’ils remplacèrent par du feutre afin de s’assurer que tous les nids de l’expérience étaient exempts de parasites au départ.

Dans les 10 premiers nids, ils ajoutèrent des tiques vivantes. Dans les 10 suivants, des tiques mortes. Et rien dans les 12 derniers.

Les oiseaux utilisent plus de mégots lorsqu’ils sont envahis de tiques

Les tiques mangent les plumes des oiseaux et pompent leur sang. Elles sont donc un véritable problème pour ces oiseaux, et l’utilisation de mégots de cigarettes contre ces parasites fut rapidement prouvée. En effet, les oiseaux vivant dans les nids infestés de tiques vivantes intégraient dans leur nid 40 % de mégots en plus que ceux envahis de tiques mortes. Steve Portugal, de l’université de Londres, s’exclame : « C’est un exemple fascinant et très enthousiasmant d’un animal qui fait preuve de créativité et utilise les moyens du bord ».

Le revers de la médaille

Cette pratique n’est cependant pas sans risque pour les oiseaux. En effet, Macias Garcia explique que les mégots causent des dommages génétiques au moment de la division des cellules, comme lui et son équipe ont pu l’observer avec les globules rouges. Cependant, Steve Portugal estime que le jeu en vaut la chandelle pour cette espèce : « Je pense que les propriétés anti-parasites des mégots de cigarettes sont plus importants que leurs effets négatifs, car les conséquences génétiques prennent du temps avant de se manifester, et les oiseaux adultes ne sont pas conscients du problème [contrairement aux tiques] ».


Une méduse est composée de 98% d’eau

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