Chaque année, l’exploitation des océans rapporte à l’Homme plus que le PIB de 140 pays réunis

Une-bateau- Un bateau via Shutterstock

L’eau des océans est peut-être plus ou moins libre d’accès, elle est pourtant au cœur d’un véritable marché économique. Des récifs coralliens à la pêche maritime en passant par la puissance éolienne mondiale, l’ensemble des recettes liées aux océans est estimé à 21 000 milliards d’euros. Ce “prix” correspond à la richesse produite grâce aux océans par les pays les plus avancés comme les Etats-Unis, la Chine ou le Japon… Mais la surexploitation des océans et les changements climatiques représentent une menace de plus en plus inquiétante pour cette richesse indispensable. SooCurious vous en dit plus sur ce trésor mondial en danger.

Le Fonds mondial pour la nature a estimé à 24 000 milliards de dollars (soit environ 21 000 milliards d’euros) la valeur des océans de la planète. Cela pourrait les placer dans le classement des 10 pays au monde qui ont le plus important PIB (produit intérieur brut). Sauf qu’il s’agit des océans. Toutes les estimations se basent sur le nouveau rapport « Reviving the Ocean Economy » (faire revivre l’économie des océans), élaboré en collaboration avec le « Global Change Institute » de l’université du Queensland et avec le cabinet conseil « Boston Consulting Group ». Selon cette étude, les deux tiers de la création annuelle de richesse des océans dépendent directement de leur santé économique. L’océan rapporte donc chaque année plus que le PIB de 140 pays réunis (ces chiffres ont été obtenus en additionnant le PIB des pays en 2014 en commençant en bas de la liste et s’arrêtant sur l’Uruguay).

Les dangers de la surexploitation des océans

pêche surexploitation

Selon le rapport, les deux tiers des pêcheries mondiales sont déjà « pleinement exploités », et presque tout le reste est surexploité. En plus de cela, la diversité biologique de l’océan a diminué de 39 % entre 1970 et 2010. Pendant la même période, la moitié de tous les coraux et un tiers de tous les herbiers ont disparu. Par ailleurs, concernant les poissons, le WWF estime que 90 % des stocks de poisson font déjà l’objet d’une surpêche ou sont en voie d’être épuisés. D’autre part, les mangroves, ces écosystèmes de marais maritimes que l’on trouve dans les régions tropicales, font l’objet d’une destruction de 3 à 5 fois supérieure à celle des autres forêts.

Le rapport tend à démontrer que l’océan est en train de changer plus rapidement que n’importe quel autre endroit de la planète durant les derniers millions d’années. De plus, près de deux tiers de la valeur annuelle de l’océan repose sur une condition indispensable : maintenir sa production économique. Or, tandis que les populations humaines sont en plein essor, notre dépendance sur l’océan n’a jamais été aussi grande, ou plus vulnérable. « Il faut protéger les océans contre la surexploitation et les répercussions négatives du réchauffement climatique », a expliqué Alice Eymard-Duvernay, spécialiste des mers et océans au WWF Suisse.

 

Les effets dévastateurs du changement climatique

Récif-coralliens-

Le changement climatique est la plus grande menace qui pèse sur les océans, le rapport prévoit par exemple une perte de tous les récifs coralliens d’ici 2050 si le taux actuel de réchauffement reste le même. Cela conduirait à la disparition de la pêche, les emplois associés et la fin d’apport de nourriture pour plusieurs centaines de millions de personnes. Malgré tout, il n’est pas trop tard.

Le rapport inclut un plan de relance en huit points qui permettrait de rendre à l’océan son ancienne gloire. Les points les plus critiques consistent à obtenir une action mondiale sur le changement climatique, assurer le fonctionnement de la récupération de l’eau des océans de manière respectueuse, et améliorer la protection efficace des zones côtières et marines. « Il est encore temps d’inverser la tendance », rassure Alice Eymard-Duvernay.

 

Ce rapport met en évidence l’importance des océans. On oublie souvent que les ressources de notre planète ne sont pas inépuisables et que la protection des océans garantit aussi la sécurité et le bien-être de ceux qui y travaillent et qui vivent aux alentours. A la rédaction, nous espérons que ce rapport va permettre à chacun de se rendre compte de la valeur des océans et de la nécessité d’en prendre soin. Pensez-vous que le nombre croissant de rapports alarmistes sur l’état de la planète va faire changer les mentalités ou qu’il faudrait trouver un moyen beaucoup plus persuasif pour faire avancer les choses ?


Un garçon de 13 ans passe en moyenne 1,57 heures par jour devant un ordinateur soit près de 24 jours entiers sur une année, soit 6,5% de son temps de vie.

— @DailyGeekShow