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Des expériences menées par des chercheurs du MIT ont montré que les éléments constitutifs de la vie restaient étonnamment stables dans de l’acide sulfurique concentré, dont les nuages de Vénus sont constitués.

Acides aminés et nuages vénusiens

Les premiers auteurs de science-fiction imaginaient un monde luxuriant sous l’épais voile enveloppant Vénus, mais l’utilisation d’instruments astronomiques toujours plus performants a révélé une réalité bien différente : il s’agit d’une planète désolée, avec des températures et une pression de surface atteignant respectivement 464 °C et 90 bars, et dont l’atmosphère suffocante se compose à 96 % de CO2. Les conditions seraient toutefois plus hospitalières à des altitudes comprises entre 48 et 60 kilomètres, où les concentrations d’eau augmentent.

Alors que l’on estimait jusqu’à présent que les nuages d’acide sulfurique vénusiens constitueraient un défi majeur à surmonter pour tout type de vie telle que nous la connaissons, en 2020, des chercheurs avaient identifié au sein de ces formations un gaz appelé phosphine, constituant un signe potentiel d’activité microbienne extraterrestre. Une possibilité récemment appuyée par une série d’expériences en laboratoire.

Détaillées dans la revue Astrobiology, celles-ci ont impliqué l’ajout de 20 acides aminés « biogènes » (substances chimiques essentielles à la vie telle que nous la connaissons) dans des flacons présentant des concentrations d’acide sulfurique comparables à celles des nuages de Vénus. De manière surprenante, à l’issue de la période étudiée (4 semaines), l’équipe a constaté que la structure moléculaire de 19 d’entre eux était intacte.

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« Nous constatons que les éléments constitutifs de la vie sur Terre sont stables dans l’acide sulfurique », explique Sara Seager, co-auteure de l’étude. « Cela renforce l’idée que les nuages de Vénus puissent renfermer des éléments chimiques complexes nécessaires à la vie. »

Chimie complexe

Si la même équipe avait précédemment montré que certains acides gras et acides nucléiques présentaient une stabilité similaire, elle rappelle que leur capacité à supporter de telles conditions ne signifie pas nécessairement qu’ils soient présents dans les nuages de Vénus, ou que l’évolution les ait assemblés pour créer des formes de vie.

Les chercheurs rappellent également que la chimie réelle de l’atmosphère de Vénus se révèle bien plus complexe que celle recréée en laboratoire.

Le lancement de la mission Venus Life Finder, prévu pour fin 2024 et impliquant une minuscule sonde spatiale chargée d’explorer ces nuages acides à la recherche de signes de vie, pourrait apporter de précieuses réponses dans un avenir relativement proche.

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