Passants avec masque
Passants avec masque ― Michailidis / Shutterstock.com

Le Covid-19, causé par la souche de coronavirus SARS-CoV-2, est probablement dû à la combinaison de deux coronavirus différents qui ont contaminé ensemble un seul et même animal. Cette association de virus peut-elle se reproduire chez l’Homme et résulter en une nouvelle pandémie ? Trois conditions sine qua non sont nécessaires pour que cette probabilité devienne réalité.

Première condition : l’invasion du système de défense immunitaire

Alors que ces derniers mois ont vu naître la crainte d’une mutation du SARS-CoV-2 vers un virus plus infectieux ou plus virulent, les chercheurs s’interrogent dorénavant sur une autre éventualité : la recombinaison du virus avec un autre coronavirus. Cette recombinaison pourrait donner naissance à un nouvel hybride viral et à une nouvelle pandémie.

Pandémie de Covid-19 ― creativeneko / Shutterstock.com

Selon Étienne Simon-Loriere, spécialiste des virus à ARN à l’Institut Pasteur, l’un des modes d’évolution favoris des coronavirus consiste à se recombiner, se différenciant en cela des autres virus à ARN plus enclins à muter. De par leur nature stable, les coronavirus ne mutent que si leurs enzymes de réplication, qui s’assurent entre autres que la copie de l’ARN ne comporte pas d’erreurs, leur donnent le feu vert. Notons cependant qu’à ce jour, les cas connus de mutation du SARS-CoV-2 sont très rares et les quelques mutations existantes d’ordre mineur.

En revanche, une étude menée par le chercheur Huiguang Yi, de l’université des sciences et technologie de Shenzhen en Chine, explique que certaines souches de coronavirus n’ont pu se former que par recombinaison avec une autre souche. Pour pouvoir procéder à cette recombinaison, les enzymes de réplication de ces virus dupent le système de défense immunitaire en sautant fréquemment d’une partie de la matrice d’ARN à une autre. Ils peuvent ainsi s’approprier le matériel génétique des coronavirus de même famille, modifier leur propre génome et se recombiner avec un autre virus.

Deuxième condition : l’infection simultanée d’une seule et même personne par deux coronavirus différents

Pour que cette recombinaison soit possible, il faut en prime que deux coronavirus soient simultanément présents dans une seule et même cellule humaine. Étienne Simon-Loriere précise que ce cas de figure est chose « très rare, mais pas impossible ».

Covid-19 et système respiratoire ― lokanan VFX Studios / Shutterstock.com

Ce qui est plus préoccupant, c’est que le coronavirus est capable de cohabiter avec d’autres maladies infectieuses comme la grippe ou le rhume. Proches du SARS-CoV-2, ces deux types de virus (la grippe et le rhume) sont plus susceptibles de générer une recombinaison avec le coronavirus.

Troisième condition : un mélange de virus issus de pangolin et de chauve-souris

Une hypothèse avance que le SARS-CoV-2 pourrait lui-même être issu d’une combinaison de deux coronavirus, l’un issu du pangolin et l’autre de la chauve-souris, qui se sont retrouvés simultanément chez un seul et même animal-hôte. Cette cohabitation virale est toutefois très improbable chez l’être humain.

Pangolin ― imagevixen / Shutterstock.com

Selon Étienne Simon-Loriere, de telles recombinaisons sont souvent incompatibles et dès lors peu viables. Pour exemple, il n’existe aucune recombinaison entre les quatre coronavirus du rhume qui circulent chaque année. En prime, « une recombinaison avec un virus très différent comme celui de la grippe est encore plus hautement improbable », ajoute Étienne Simon-Loriere.

La question du vaccin

On est en droit de se demander si une recombinaison de coronavirus, qui donnerait naissance à un nouvel hybride infectieux, pourrait affecter la création d’un futur vaccin. Étienne Simon-Loriere souligne que « tout dépend de la partie du virus concernée ». Le vaccin sera en effet moins efficace s’il s’agit de protéger une protéine de surface que s’il s’attaque à une partie interne du virus. Un vaccin “universel”, qui ciblerait toutes les souches de coronavirus en même temps, serait bien sûr la solution idéale.

Vaccin et chauve-souris ― frank60 / Shutterstock.com

Mais en imaginant que le virus parvienne à se recombiner, il ne serait pas forcément plus virulent que le coronavirus actuel. Peut-être serait-il même bénin, à l’image de ce rhume banal dont nous avons tous fait les frais un jour ou l’autre.

Quelle est votre plus grande inquiétude face à l’éventualité d’une recombinaison de coronavirus ?

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