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Quand le coronavirus est devenu un problème de niveau international, le fait que Donald Trump ait appelé le Covid-19 « le virus chinois » a choqué beaucoup de gens. Cela a en effet été qualifié de propos raciste. Il faut pourtant savoir que les maladies étaient autrefois nommées d’après leur origine géographique, mais cela ne se fait plus.

Une pratique définitivement révolue depuis cinq ans

Bon nombre des épidémies les plus graves de l’histoire ont été nommées d’après des pays, des villes ou d’autres emplacements géographiques où les maladies ont été identifiées pour la première fois. Par exemple, nous pouvons citer la grippe espagnole, la maladie de Lyme, Ebola, le Zika ou encore le virus du Nil occidental. Si cela ne posait aucun problème auparavant, ce n’est plus le cas de nos jours, et c’est d’ailleurs une pratique révolue. Or, selon les experts, le progrès est ce qui a entraîné ce changement dans la manière de nommer une maladie.

C’est en 2015 que l’Organisation mondiale de la santé a officiellement publié de nouvelles directives pour nommer les nouvelles maladies infectieuses chez l’homme ; des directives qui interdisent de nommer une maladie en fonction de son origine géographie. Selon l’OMS, ces nouvelles règles visent à minimiser les effets négatifs inutiles sur les nations, les économies et les personnes. Toujours selon ces mêmes directives, la meilleure façon de nommer une maladie est d’utiliser des termes génériques qui décrivent ses symptômes, ses caractéristiques ou ses causes.

Une décision pour éviter le racisme et la discrimination

Le choix de ne plus nommer une maladie d’après ses origines géographiques provient ainsi du besoin d’éviter qu’un lieu ne soit tristement célèbre pour avoir été l’endroit où ont débuté de terribles épidémies. Le but est alors essentiellement d’empêcher le racisme, la xénophobie ou toute autre forme de discrimination ou de stigmatisation liée à une population donnée. Par ailleurs, choisir le lieu d’origine pour nommer une maladie peut aussi poser problème par rapport à des soucis d’exactitudes pouvant résulter de rétention d’informations ou d’inexactitude scientifique.

La grippe espagnole, par exemple, n’est pas originaire d’Espagne. Mais le pays n’ayant pas été soumis à la censure a signalé la pandémie avant les autres durant la Première Guerre mondiale. Ainsi, John C. Yang, président et directeur exécutif d’Asian Americans Advancing Justice, a déclaré à NBC News que même si nommer une maladie d’après un lieu était autrefois une pratique courante, la société a suffisamment progressé pour que cela change. « Ce n’est pas parce que certains termes ont été utilisés dans le passé que cela reste maintenant convenable. Nous savons que le langage évolue », a-t-il expliqué.

« Certes, il existe des termes qui ont été utilisés dans le passé, que ce soit dans le contexte de la santé ou ailleurs, mais ils sont devenus inexacts, anachroniques ou inappropriés », a-t-il ajouté. Étant donné les évolutions sociales qui ont eu lieu au cours des dernières années, il n’est donc définitivement pas correct de se référer à la cause de l’épidémie actuelle de coronavirus comme étant « le virus chinois ». Au sein de la communauté scientifique, ainsi qu’auprès de la majorité des médias et gouvernements du monde entier, le virus porte officiellement et définitivement le nom de Covid-19.

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