Catastrophique : des pesticides ont été retrouvés dans le miel de tous les continents

Déjà touchées par de nombreux fléaux comme la diminution du pollen et la pollution, les abeilles et plus particulièrement leur miel sont menacés par un nouvel élément nocif : les néonicotinoïdes. Si ces pesticides sont mis en lumière depuis 2013, ils incarnent aujourd’hui un vrai danger car ils ne concernent pas uniquement quelques pays : le miel du monde entier est infecté de pesticides.

LE RÉSULTAT D’UNE ÉTUDE EFFRAYANTE

Phénomène récurrent de notre société, l’utilisation de pesticides par les industriels agroalimentaires perdure depuis de nombreuses années sans que l’on connaisse leur impact sur notre santé et celle des animaux. Depuis les années 2010, une espèce animale est mise en lumière car elle souffre de cette présence massive de pesticides : les abeilles. Les chercheurs de l’Université de Neufchâtel en Suisse se sont alors demandés si le miel était également affecté par ces pesticides et ont mené une étude.

Pendant trois ans, les chercheurs ont demandé à leurs proches de leur ramener des miels des 4 coins de monde dans le but de les analyser. L’objectif est simple : voir si oui ou non les miels contiennent des pesticides. 198 échantillons venus de tous les continents (hors Antarctique) ont été observés et sur les ¾ d’entre eux, les chercheurs ont trouvé des traces de néonicotinoïdes : un constat effrayant qui alerte la communauté scientifique.

POURQUOI LES PESTICIDES SONT-ILS NÉFASTES POUR LES ABEILLES ?

Christopher Connolly de l’Université de Dundee, Royaume-Uni, explique que « trouver des néonicotinoïdes dans le miel n’est peut-être pas surprenant. Après tout, les pesticides sont largement utilisés. Mais trouver des niveaux neuroactifs, dans de nombreux échantillons sur de nombreux sites mondiaux, est choquant. » Près de la moitié des échantillons testés contenaient plus que la dose minimale requise pour causer des effets néfastes chez les abeilles mais aussi chez les autres pollinisateurs.

Le problème est que les abeilles sont involontairement exposées à ces néonicotinoïdes car le miel qu’elle fabrique en contient. Et que pour survivre en hiver, elles mangent le miel et sont donc encore plus fragilisées. A terme, les abeilles comme les insectes exposés sont trop sensibles aux néonicotinoïdes et leur système nerveux peut être gravement endommagé.

QU’EST CE QUI EST FAIT POUR LIMITER LA PRÉSENCE DE CES PESTICIDES ?

En 2013, l’Union Européenne a temporairement interdit les néonicotinoïdes sur les cultures qui attirent les abeilles, comme le colza oléagineux. Et en novembre prochain, l’Autorité européenne de sécurité des aliments décidera si une interdiction totale d’utiliser les néonicotinoïdes sera appliquée même si la France en a déjà annoncé un.

Une autre mesure évoquée serait de créer des bases de données géographiques montrant pour chaque région du monde qui utilise des néonicotinoïdes dans ses cultures. Les agriculteurs d’Amérique du Nord et d’Europe étant obligé de déclarer s’ils utilisent ou non des néonicotinoïdes, cette solution permettrait de limiter leur utilisation afin de laisser les abeilles butiner sans croiser trop voire plus de pesticides de la sorte.


L’Abbé Pierre avait lancé son appel pour les SDF en 1954. L’interdiction des expulsions en hiver ne sera votée qu’en 1978

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