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Une nouvelle analyse de génomes néandertaliens suggère que le sang qui circulait dans les veines de cette population d’humains anciens avait plus de points communs avec le sang humain moderne que les scientifiques ne l’estimaient auparavant.

« Les groupes sanguins des globules rouges sont des marqueurs anthropologiques puissants »

Alors que l’on estimait jusqu’à présent que les Néandertaliens possédaient tous le groupe sanguin O, une récente étude génomique a mis en évidence des variations polymorphes dans leur sang, indiquant qu’ils étaient également porteurs d’autres groupes du système ABO. Décrite dans la revue PLOS One, cette découverte est basée sur une série d’allèles de groupes sanguins identifiés dans les séquences génétiques des trois Néandertaliens et d’un Dénisovien.

« Les groupes sanguins des globules rouges sont des marqueurs anthropologiques puissants », explique Silvana Condemi, paléoanthropologue à l’université d’Aix-Marseille et auteure principale de l’étude. « Curieusement, malgré leur importance et la quantité de données génotypiques disponibles sur les humains modernes qui ne cessent de s’accumuler, très peu d’attention a été accordée aux principaux polymorphismes sanguins érythrocytaires dans les études paléogénétiques. »

D’après l’équipe, les gènes sous-jacents aux groupes sanguins de ces anciens humains consolident l’idée voulant que les Néandertaliens et les Dénisoviens soient originaires d’Afrique, en raison de l’absence de certains antigènes dans leur sang et de la présence de groupes sanguins ancestraux liés aux populations africaines. « Ces caractéristiques sont en accord avec un pool génétique néandertalien et dénisovien antérieur à la sortie d’Afrique d’Homo sapiens », écrivent les chercheurs.

Carte révélant la répartition, le groupe sanguin et la datation des ossements des individus étudiés — © Stéphane Mazières (Douka et Col. / Mafessoni et Col. / Prüfer et col. / Green et col.)

D’autres indices génétiques vont dans ce sens, notamment un allèle du gène RHD (qui code une protéine du groupe sanguin Rhésus), que l’on ne trouve pas chez les humains modernes, à l’exception de deux individus contemporains : un aborigène australien et un indigène papou. Selon les chercheurs, il est probable que ce lien mystérieux soit la preuve d’un métissage entre Néandertal et Homo sapiens avant la migration de ce dernier vers l’Asie du Sud-Est.

Des indices sur le déclin de Néandertal

Ces nouveaux travaux proposent également quelques pistes concernant le déclin de l’homme de Néandertal. Selon les chercheurs, le grand nombre d’allèles communs observés dans les génomes archaïques des trois Néandertaliens et du Dénisovien suggère une faible diversité génétique, probablement liée à la consanguinité dans le cas des Néandertaliens.

En outre, les variantes génétiques du sang archaïque porté par ces derniers les auraient rendus beaucoup plus susceptibles de développer une maladie hémolytique du nouveau-né (MHNN), affection allo-immune dans laquelle le système immunitaire de la mère attaque les cellules sanguines du fœtus à naître.

« Ces éléments pourraient avoir contribué à affaiblir les descendants au point de conduire à leur disparition, surtout s’ils sont combinés à la compétition avec H. sapiens pour la même niche écologique », écrivent les chercheurs.

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Yves BUISSONmoukamiel60 Auteurs de commentaires récents
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Ils ne sont pas des humains archaïques. Ils habitaient l’Europe et étaient peu nombreux du fait de la dernière glaciation quaternaire. ( parmi d’autres) Un peu comme le peuplement actuel des zones arctiques. Pendant la dernière déglaciation les homos cousins lointains se sont déplacés, poussés par une plus grande pression… Lire la suite »