
Des relevés sonar ont permis de localiser l’épave d’un navire-prison japonais près de l’île principale des Philippines. Coulé en 1944 lors d’une attaque américaine, il transportait plus d’un millier de prisonniers de guerre alliés.
L’Hōfuku Maru
Durant la Seconde Guerre mondiale, le Japon a utilisé plus de 130 « navires-prisons » pour déplacer des prisonniers d’un camp de travail à l’autre. Mais seules les épaves d’une poignée d’entre eux ont à ce jour été localisées. Parmi les plus insaisissables, celle du « bateau de l’enfer » Hōfuku Maru, cargo reconverti utilisé pendant deux ans.
Gisant à environ 50 mètres de profondeur, il a été localisé en début d’année à quelques kilomètres à l’ouest de l’île de Luzon. Selon Josh Gates, qui a supervisé l’expédition, le passage au crible des archives de guerre japonaises a permis de réduire significativement la zone de recherche. Son exploration à l’aide d’un submersible radiocommandé a révélé la présence de nombreux restes humains.
Fin septembre 1944, l’embarcation faisait partie d’un convoi militaire japonais naviguant vers l’archipel nippon. Touché par un chasseur américain, celui-ci s’est brisé en deux avant de sombrer rapidement, avec à son bord environ 1 200 prisonniers de guerre alliés. Issus des armées britannique et néerlandaise, ceux-ci avaient notamment travaillé sur le « chemin de fer de la mort », reliant la Birmanie à la Thaïlande.
WWII Hellship Hōfuku Maru, War Grave of More Than 1,000 POWs, Found off the Philippineshttps://t.co/RPpI9wIjFD pic.twitter.com/sxBcVlVpqA
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« Ces cargos étant peints de manière à ressembler à des navires militaires, les Alliés pensaient qu’il s’agissait de cibles légitimes », détaille Gates. « Environ 1 040 d’entre eux ont péri lors du naufrage, et les Japonais ont repris ceux qui avaient réussi à rejoindre la côte à la nage. »
Des lieux de souffrance
Si la Convention de Genève de 1929 imposait un cadre strict concernant l’utilisation des prisonniers comme main-d’œuvre de guerre, le Japon s’en est largement affranchi. On estime que sur les quelque 132 100 soldats capturés et amenés à travailler sur des chantiers ferroviaires, ainsi que dans les ports, les usines et les mines, 35 000 sont morts d’épuisement, de malnutrition ou de maladie.
« Les navires de l’enfer japonais étaient des lieux de souffrance », explique Gates. « Il y avait peu de lumière, d’air et de nourriture, et les prisonniers pouvaient y passer des semaines, voire des mois. »
Pour les membres de la Hellships Memorial Foundation, la prochaine étape consistera à contacter les familles des victimes.
L’an passé, des archéologues avaient annoncé la découverte d’un nouveau « navire fantôme » du Pacifique.
Par Yann Contegat, le
Source: Live Science
Étiquettes: épave, japon, seconde guerre mondiale
Catégories: Actualités, Histoire