Selon une nouvelle étude, les adultes qui ont vécu une partie de leur enfance dans des espaces naturels pourraient avoir une meilleure santé mentale que les autres. L’étude, qui se porte sur quatre villes européennes, permet de soutenir une étonnante relation entre l’exposition aux environnements extérieurs naturels et la santé, plusieurs années après.

Une étude de grande ampleur

En rassemblant des données sur près de 3600 personnes à travers quatre pays européens différents, les chercheurs du Barcelona Institute for Global Health de Barcelone ont permis d’établir que des sentiments de nervosité et de dépression à l’âge adulte pouvaient être liés à une exposition plus ou moins faible aux espaces extérieurs durant l’enfance. Le phénomène est d’autant plus important puisque nous sommes dans un monde qui s’urbanise de plus en plus, avec actuellement 73 % des Européens qui vivent dans des zones urbaines, un taux qui grimpera à 80 % en 2050.

Pour la coordinatrice de l’étude, Wilma Zijleman, cela prouve toute l’importance des espaces verts et bleus (comprendre terre et eau). Une plus grande exposition à ces derniers entrainerait “un état psychologique sain à l’âge adulte”.

Les 3600 personnes sondées ont donc répondu à des questions sur leur enfance. Par exemple, s’ils avaient fait de la randonnée dans des parcs nationaux ou encore s’ils avaient joué dans leur jardin à plusieurs reprises. Par la suite, ils ont tous été invités à passer un test psychologique, qui déterminait alors leur niveau de dépression, de nervosité ou encore de fatigue, le tout s’échelonnant sur un mois.

Que penser des résultats de cette étude ?

Les résultats sont criants. Les participants qui ont obtenu un résultat inférieur aux tests de santé mentale avaient à chaque fois une exposition moindre à la nature pendant leur enfance. De plus, cette donnée se vérifiait, peu importe le temps passé dans la nature à l’âge adulte. En règle générale, les participants dont l’exposition à la nature était minime dans leur enfance accordaient “une importance moindre aux environnements naturels », explique Myriam Preuss, chercheuse en environnement.

Pour le moment, les chercheurs se montrent prudents et estiment que l’on ne peut établir que des corrélations dans un cadre “limité”, et que l’on ne peut pas affirmer que ce soit une relation de cause à effet. En effet, il faut bien comprendre que les participants ont parlé de leurs expériences dans la nature qui se sont produites durant leur enfance après coup, puisqu’ils étaient à l’âge adulte, ils ont pu être biaisés en racontant leurs souvenirs.

Mais en mettant en relation cette étude avec d’autres, menées par le passé, on peut arriver à des résultats très intéressants. Par exemple, une étude nationale qui avait été menée au Danemark a révélé que les habitants en zones résidentielles moins verdoyantes présentaient un risque plus élevé de troubles psychiatriques à l’âge adulte. Dans le même temps, aux États-Unis cette fois-ci, une autre étude a expliqué que la verdure dans les zones d’habitation pendant l’enfance est associée à un risque moins élevé de symptômes dépressifs à l’âge adulte. Enfin, les mêmes chercheurs ayant réalisé cette étude avait déjà mené une enquête l’année dernière, qui avait révélé que l’exposition à des zones vertes pendant l’enfance joue un rôle majeur dans les changements structurels du cerveau d’un enfant en développement.

Comme vous l’aurez compris, il semble y avoir une relation étroite entre notre santé mentale et la dimension urbaine de nos villes. Dans un futur qui s’annonce de plus en plus urbain, puisque 80 % de la population européenne vivra dans des zones urbaines, les chercheurs se demandent s’il ne faudrait pas revoir la façon dont nous concevons nos villes. Selon les auteurs de l’étude, il faudrait créer davantage d’espaces naturels pour les enfants, mais rajouter de la verdure aux cours d’école. De plus, ils regrettent que dans la plupart des pays, “les activités dans la nature ne fassent pas partie du programme scolaire”.

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