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Dans l’Angleterre du IXe siècle, les personnes reconnues coupables de certains crimes subissaient des traitements d’une rare barbarie, selon ces nouvelles recherches ayant révélé le sort bien peu enviable connu par une adolescente anglo-saxonne.

Des traitements d’une rare barbarie

Les résultats des analyses menées par des chercheurs de l’University College de Londres ont permis de déterminer les causes de la mort (impliquant divers types de mutilations) d’une adolescente anglo-saxonne ayant vraisemblablement vécu entre 776 et 899 après J.-C., selon la datation au radiocarbone de son crâne. Mis au jour à Oakridge (comté de Hampshire) durant les années 1960, celui-ci avait été stocké pendant des décennies avant d’être étudié. Selon les auteurs de l’étude, publiée dans la revue Antiquity, ces travaux jettent également un nouvel éclairage sur les châtiments de l’époque.

En effet, si des documents datant des Xe et XIe siècles indiquaient que des mutilations faciales étaient infligées aux femmes adultères ou aux esclaves reconnues coupables de vol, aucune preuve concrète de ces sévices n’avait auparavant été découverte. Selon Andrew Reynolds, co-auteur de l’étude, les codes de loi de l’époque étaient probablement rétrospectifs, formalisant des pratiques qui avaient probablement cours depuis de nombreuses décennies.

En se basant sur son développement dentaire et crânien, l’équipe a découvert que la jeune femme était âgée de 15 à 18 ans au moment de sa mort, intervenue peu après les mutilations. Les traces de blessures indiquaient une ablation du nez, de la bouche et éventuellement du cuir chevelu, sans signe de guérison, ce qui suggère qu’elle n’a pas survécu longtemps.

« Le premier exemple archéologique d’une forme particulièrement brutale de défiguration »

« Ce cas semble être le premier exemple archéologique d’une forme particulièrement brutale de défiguration connue dans l’Angleterre anglo-saxonne. La spécificité des blessures suggère qu’il s’agissait de mutilations punitives, perpétrées pas des citoyens ou des administrateurs locaux », estime Reynolds, ajoutant que leurs auteurs avaient probablement conscience qu’elles puissent lui être fatales. D’après le scientifique, seul le crâne de la jeune femme a été retrouvé, ce qui suggère qu’elle pourrait avoir été décapitée et sa tête plus tard exposée.

En étudiant les isotopes stables du crâne, éléments chimiques variant en fonction du régime alimentaire d’une personne et pouvant offrir des informations sur la provenance de l’eau et de la nourriture consommées au cours des dernières années de sa vie, les chercheurs ont déterminé que l’adolescente venait vraisemblablement d’un région côtière, où davantage de poissons et de crustacés étaient consommés. Tandis que l’analyse de son ADN mitochondrial a révélé qu’il appartenait à un type répandu dans le nord-ouest de l’Europe à cette époque.

Parmi les autres découvertes faites sur le site d’Oakridge, les chercheurs évoquent un cimetière romano-britannique, vraisemblablement destiné à accueillir les dépouilles de marginaux, ainsi que les traces d’un campement remontant à l’âge du fer.

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