Momie vieille de 4 000 ans coiffée d’un bonnet de feutre, découverte dans le bassin du Tarim — © Wenying Li / Xinjiang Institute of Cultural Relics and Archaeology

De récentes analyses génétiques de restes humains momifiés découverts dans le bassin asséché du Tarim, dans le nord-ouest de la Chine, ont permis de faire la lumière sur leurs origines.

Un mystère tenace

Bien que les sites où les restes momifiés avaient été enterrés aient fourni des indices sur leur société et leur économie, jusqu’à présent, les chercheurs ignoraient en grande partie d’où venaient ces personnes, certaines théories proposant des migrations durant l’âge du bronze depuis des endroits aussi éloignés que la Russie et l’Iran.

Dans le cadre de travaux publiés dans la revue Nature, une équipe internationale de chercheurs a examiné les données génomiques de 13 momies du bassin du Tarim, datées entre 2 100 et 1 700 avant notre ère, et de cinq momies du bassin voisin du Dzungarian, datées entre 3 000 et 2 800 avant notre ère. L’analyse a révélé que les premières citées appartenaient à une population humaine présente dans la région depuis la fin de la dernière période glaciaire.

Connue sous le nom d’« Ancient North Eurasians » (ANE), celle-ci était très répandue à l’époque du Pléistocène mais a ensuite diminué. « Les archéogénéticiens recherchent depuis longtemps des populations ANE holocènes afin de mieux comprendre l’histoire génétique de l’Eurasie intérieure », explique Choongwon Jeong, chercheur à l’université nationale de Séoul et co-auteur de l’étude. « Nous en avons trouvé une dans l’endroit le plus inattendu. »

Vue de profil d’un des cercueils en forme de barque et sa momie — © Wenying Li / Xinjiang Institute of Cultural Relics and Archaeology

De leur côté, les momies dzungariennes plus anciennes étaient porteuses d’un mélange d’ADN ANE et de gènes d’un peuple de bergers des steppes occidentales, étroitement liés à la société nomade Yamnaya de l’âge du bronze. « Ces résultats nous permettent de mieux comprendre la dispersion vers l’est des ancêtres des Yamnaya et les scénarios de brassage qui se sont produits lors de leur première rencontre avec les populations d’Asie intérieure », explique Chao Ning, scientifique à l’université de Pékin et également co-auteur de l’étude.

Des peuples isolés mais remarquablement cosmopolites sur le plan culturel

Les Dzungariens mis à part, la cohérence génétique des momies du bassin du Tarim est curieuse : des preuves archéologiques antérieures ont montré qu’ils commerçaient avec d’autres populations et qu’un important brassage culturel était intervenu.

« Bien qu’isolés sur le plan génétique, les peuples de l’âge du bronze du bassin du Tarim étaient remarquablement cosmopolites sur le plan culturel », souligne Christina Warinner de l’université Harvard. Ceux-ci ayant notamment construit leur alimentation autour du blé et des produits laitiers d’Asie de l’Ouest, du millet d’Asie de l’Est et de plantes médicinales comme l’éphédra d’Asie centrale.

Vue aérienne du cimetière de Xiaohe — © Wenying Li / Xinjiang Institute of Cultural Relics and Archaeology

« Ces découvertes bouleversent notre vision de la région et des peuples y ayant évolué », estime Yinqiu Cui, de l’université de Jilin. « Nous allons poursuivre l’étude des génomes humains anciens afin de mieux comprendre l’histoire de la migration humaine dans les steppes eurasiennes. »

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Pourquoi vous ne dites pas que la plupart de ces corps déséchés sont européens ? On le sait très bien. On sait aussi ce qui leur est arrivé et pourquoi ils ont disparu au début du premier millénaire.