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Différentes expériences et analyses ont conduit à l’identification de micro-ARN spécifiques, molécules régulatrices contrôlant la production de protéines et le métabolisme de l’organisme, qui pourraient constituer des indicateurs précoces de démence.

Trois micro-ARN liés aux performances cognitives

Bien que les recherches se poursuivent, il n’existe actuellement aucun remède contre la démence. C’est pourquoi il est essentiel de la détecter le plus tôt possible afin d’offrir aux patients la possibilité de se préparer à la perte de mémoire et de fonctions cognitives bien avant l’apparition des premiers symptômes.

Dans le cadre de travaux publiés dans la revue EMBO Molecular Medicine, des chercheurs du Centre allemand des maladies neurodégénératives ont suivi 132 sujets humains en bonne santé et de 53 personnes âgées souffrant de troubles cognitifs légers (MCI), et mené des expériences sur des souris et des cultures cellulaires afin de repérer d’éventuels signes de dégénérescence neuronale. Ce qui leur a permis d’identifier trois micro-ARN liés aux performances cognitives.

Des niveaux plus élevés de micro-ARN ont été liés au déclin mental chez les souris, ainsi qu’à l’apparition de la démence dans le groupe MCI (au sein duquel 90 % des sujets présentant des niveaux élevés de biomarqueurs ont développé la maladie d’Alzheimer dans les deux ans). Les études sur les souris et les cultures cellulaires ont révélé que les trois mêmes micro-ARN étaient associés aux processus inflammatoires dans le cerveau et à la neuroplasticité, c’est-à-dire à la capacité des neurones à former des connexions.

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Pouvant signaler la démence jusqu’à cinq ans avant l’apparition des premiers symptômes, ces biomarqueurs pourraient également éclairer les chercheurs sur son développement, ce qui pourrait s’avérer très utile pour la mise au point de traitements. Lorsque ces molécules régulatrices ont été bloquées chez les souris présentant des lésions cérébrales similaires à celles observées chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer, leur capacité d’apprentissage s’est améliorée.

Un procédé de dépistage simple et non invasif

Pour l’instant, il n’existe pas encore de test permettant de rechercher ces biomarqueurs micro-ARN dans un échantillon sanguin. La prochaine étape pour les chercheurs consistera à développer un procédé de dépistage simple et non invasif, qui pourrait être utilisé lors de contrôles réguliers.

Le fait de disposer d’un délai d’alerte plus long en cas de démence permet non seulement de préparer les personnes touchées par la maladie, mais aussi de donner aux scientifiques plus de temps pour expérimenter des traitements avant que la maladie ne s’installe et pour voir dans quelle mesure différentes approches peuvent être efficaces aux stades les plus précoces.

« Lorsque les symptômes de la démence se manifestent, le cerveau a déjà été massivement endommagé », souligne Fischer. « Actuellement, le diagnostic est posé beaucoup trop tard, même pour avoir une chance de bénéficier d’un traitement efficace. Si la démence est détectée tôt, les chances d’influencer positivement l’évolution de la maladie augmentent. »

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