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Des astronomes américains prétendant avoir localisé une météorite interstellaire au fond de l’océan tentent actuellement de réunir les fonds nécessaires pour monter une expédition visant à en collecter des fragments.

Roche interstellaire

Jusqu’à présent, deux observations d’objets interstellaires ont pu être confirmées : l’astéroïde Oumuamua, repéré pour la première fois en 2017, et la comète Borisov en 2019. Quelques mois avant la détection de cette dernière, Avi Loeb et Amir Siraj, de l’université Harvard, avaient affirmé avoir identifié un troisième objet interstellaire, en étudiant les données accessibles au public recueillies par différents instruments et capteurs du gouvernement américain.

Mesurant environ 50 centimètres de large, la roche CNEOS 2014-01-08 était entrée dans l’atmosphère terrestre en 2014 avant de se consumer. Si l’origine prétendument interstellaire de l’objet avait été largement questionnée, la publication en avril dernier d’une déclaration d’une division du ministère de la Défense américain, affirmant que « l’estimation de la vitesse communiquée à la NASA était suffisamment précise pour indiquer une telle provenance », a donné davantage de poids à cette possibilité.

Parallèlement à sa déclaration, le commandement spatial américain avait également fourni la courbe de luminosité de l’objet, pouvant potentiellement être utilisée pour déduire sa composition. Pré-publiées sur le serveur arXiv, les dernières analyses de Loeb et Siraj indiquent que la météorite contenait probablement une forme de fer, suggérant que des fragments métalliques ont pu atteindre la surface de la Terre.

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L’examen des relevés de différents capteurs a permis au duo d’établir la zone d’entrée probable de la météorite dans l’atmosphère. Grâce à ces informations, ainsi qu’à des modèles de vents et de courants océaniques, les scientifiques affirment avoir localisé son point d’impact final. S’étendant sur une centaine de kilomètres carrés, celui-ci se situe dans la mer de Bismarck, au nord de la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Une expédition de 10 jours

Loeb et Siraj souhaitent mener une expédition de 10 jours pour collecter d’éventuels fragments de cette météorite en draguant les fonds marins à l’aide d’un puissant aimant fixé à un navire. En contact avec un certain nombre d’experts en océanographie, les deux chercheurs ont jusqu’à présent réussi à collecter 600 000 dollars sur les 1,6 million qu’ils estiment nécessaires pour financer cette mission ambitieuse.

Selon Peter Brown, de l’université Western (Ontario), il est peu probable que la communauté scientifique adhère à cette idée à moins que l’ensemble des données brutes utilisées pour identifier ce supposé évènement météoritique d’origine interstellaire ne soient publiées.

« Même si c’était le cas, la profondeur de l’océan et la possibilité que de forts courants océaniques aient balayé les fragments loin de la zone de recherche proposée impliqueraient des chances de réussite extrêmement faibles », ajoute Alan Fitzsimmons de l’université Queen’s de Belfast, au Royaume-Uni. « Ce serait bien pire que de chercher une aiguille dans une botte de foin. »

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