Le drone de la mission Dragonfly quittera la Terre en 2026 pour un atterrissage prévu en 2034 sur Titan, plus grande lune de Saturne réunissant plusieurs conditions indispensables au développement de formes de vie. Découverte.

Dragonfly cherchera des traces de vie ancienne et actuelle

Il y a quelques jours, la NASA a annoncé qu’elle allait envoyer un drone sur Titan, gigantesque lune de Saturne s’apparentant à une Terre primitive. Baptisée Dragonfly (libellule), la mission décollera en 2026 et atterrira sur Titan en 2034. Dix fois plus éloigné du Soleil que la Terre, cet astre massif possède une atmosphère glaciale (avec une température moyenne de – 179°C) réunissant plusieurs ingrédients indispensables à la vie sur Terre (carbone, hydrogène, azote, éthane…), et les scientifiques pensent qu’il pourrait également abriter de l’eau (H2O) dans son sous-sol.

Selon Elizabeth Turtle, chercheuse participant à la mission Dragonfly : « Ces ingrédients, indispensables au développement de la vie telle que nous la connaissons, se trouvent à la surface de Titan, et Dragonfly est spécialement conçu pour les étudier ». Pourvu de huit rotors, l’appareil va littéralement « butiner » l’astre : il se posera puis effectuera des étapes de plus en plus longues au fil de sa mission d’une durée minimale de 2 ans et huit mois, afin d’analyser la composition de Titan et d’y détecter des traces de vie ancienne et actuelle, qui permettraient aux scientifiques de mieux comprendre comment cette dernière est apparue.

Il pleut du méthane sur Titan

Comme la Terre, Titan possède une atmosphère composée en grande partie d’azote ainsi que des océans et des lacs en surface, mais à la différence de la planète bleue, ces vastes étendues ne sont pas faites d’eau mais de méthane, rendu liquide par la température glaciale. Comme l’a expliqué Thomas Zurbuchen, qui supervise l’ensemble des activités scientifiques de la NASA : « Dragonfly explorera un monde rempli d’une grande variété de molécules organiques, qui sont les briques de la vie et pourraient nous aider à percer l’origine de la vie elle-même. »

La sonde Dragonfly se révèlera par ailleurs beaucoup plus mobile que les atterrisseurs fixes ou les rovers qui se sont jusqu’à présent posés dans le Système solaire. Si Curiosity, qui sonde actuellement la surface de Mars, a parcouru seulement 20 kilomètres en l’espace de 7 ans, les chercheurs estiment que Dragonfly pourra couvrir 175 kilomètres en moins de trois ans. Elle débutera son périple au milieu de dunes similaires à celles du désert de Namibie, et le terminera en explorant le fond d’un cratère susceptible d’avoir abrité de l’eau liquide durant des milliers d’années.

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