Hari Krishnan / Creative Commons

À l’époque de l’Egypte antique, les êtres humains étaient momifiés avant d’être placés dans des sarcophages. Mais ce ne sont pas les seules momies existantes. En effet, de nombreuses momies d’animaux existent comme celles de chats, de gazelles, de crocodiles ou même d’ibis. Mais un mystère intrigue encore les archéologues : d’où proviennent les millions d’ibis retrouvés dans les tombes ?

Il semblerait que la majorité des momies animales aient été placées dans le but de servir d’offrandes. Que ce soit pour Bastet (déesse à tête de chat de la joie du foyer, de la maternité), pour Sobek (dieu à tête de crocodile, de l’eau et de la fertilité) ou pour Khépri (le soleil en devenir) dieu de la renaissance, chaque dieu avait droit à ses offrandes. Mais dans toutes ces momies, les animaux qui détiennent le record sont les ibis. En effet, près de 4 millions de momies d’ibis ont été découvertes et cela uniquement dans la région de Saqqarah.

Une offrande au dieu Thot en surnombre

Les ibis quant à eux seraient des offrandes au dieu Thot. Le dieu des scribes, de la création de l’écriture et comptable du temps. C’est lui qui opère lors de la pesée de l’âme. Quand une personne meurt, Thot dépose son cœur sur une balance : s’il est plus léger qu’une plume, le défunt peut entrer dans le monde divin. Il est donc possible que toutes ces momies d’ibis soient une offrande faite à Thot pour cet instant : la pesée de l’âme.

— Tnagopaso / Wikimédia

A Abydos, des fouilles archéologiques ont mis au jour des milliers de momies d’ibis, emplissant les catacombes du sol au plafond. D’autres fouilles dans la nécropole de Tounah el-Gebel dans les années 30 à 50, avaient dévoilé des millions de momies de ce même oiseau. Le nombre de momies d’ibis présentes dans les tombes datant de l’Egypte antique est si impressionnant que les spécialistes se posent toujours cette question : comment les Égyptiens ont pu trouver autant d’oiseaux ?

D’où proviennent tous ces ibis ?

Dans une étude récente, des chercheurs de l’université Griffith, en Australie, ont peut-être mis au jour un élément de réponse. Avec l’autorisation du ministère d’Etat égyptien, Sally Waset et ses collègues ont récolté des échantillons ADN. Cet ADN provient d’ibis découverts dans trois grands sites : Saqqarah, Tounah el-Gebel et Abydos. Puis cet ADN a été comparé à celui d’ibis sacrés vivant actuellement en Afrique.

Des génomes mitochondriaux différents ont été identifiés sur quatorze momies. Tous bien différents les uns des autres et comparables à ceux des ibis de notre époque. La diversité génétique des individus momifiés est aussi importante que celle des individus que nous trouvons actuellement en Afrique. Ce qui exclut la théorie que les Égyptiens aient fait élevage des ibis. Les prêtres n’avaient donc pas d’élevage intensif dans le but de vendre leurs ibis en offrandes.

Au contraire, d’après cette étude, il semblerait que les Égyptiens laissaient ces oiseaux se reproduire librement et ne les chassaient qu’en cas de besoin. Si les ibis ont été élevés, ça n’aurait été que sur de très courtes périodes. Mais alors comment peut-il y avoir encore autant d’ibis ? Cette question est encore un mystère auquel les scientifiques tentent de répondre.

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athena
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athena

Offrandes aux divinités, tuer, assassiner, Ibis, concubines, serviteurs, emporter ses richesses dans la mort ou les peindre sur des fresques… cette peur de partir seul, amène un constat : bêtise, cruauté et égoïsme ont toujours été le propre de notre espèce !