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Face à la concurrence et à la conjoncture du marché en général, le géant du pneumatique français Michelin va supprimer 2 300 postes en France. L’entreprise a précisé qu’il n’y aura aucun départ contraint, ce qui signifie qu’il s’agira essentiellement de départs à la retraite et de départs volontaires.

Des suppressions de postes liées à la pression concurrentielle, et non au Covid-19

Michelin a annoncé qu’il supprimerait jusqu’à 2 300 emplois en trois ans dans le cadre d’un nouveau plan de simplification et de compétitivité en France. Face aux conséquences de la pandémie de Covid-19, la société se voit en effet obligée de changer son organisation pour faire face aux autres producteurs de pneus à bas prix qui font monter la pression sur le marché concurrentiel. « Nous n’avons pas le choix. Si nous ne travaillons pas tous les jours sur notre position concurrentielle, nous serons anéantis », a déclaré le directeur général de Michelin, Florent Menegaux, à Financial Times.

Quoi qu’il en soit, l’entreprise de pneumatiques française a tenu à préciser que ces suppressions de postes n’impliqueraient ni licenciements ni fermetures d’usines. L’entreprise a déclaré dans un communiqué de presse : « Près de 60 % des départs envisagés se feraient sur la base de départs anticipés à la retraite et le reste par des départs volontaires accompagnés. » Florent Menegaux a également précisé que cette restructuration est déjà prévue depuis un bon moment, mais la pandémie a retardé son application.

Michelin espère qu’avec cette restructuration de son organisation en France, l’entreprise pourra augmenter son efficacité de 5 % par an jusqu’en 2024. À noter que cette restructuration concernera tous les sites français du groupe, allant de Clermont-Ferrand à Épinal en passant par Vannes et Troyes. Pour l’instant, tous les détails de la nouvelle restructuration ne sont pas encore précis. Michelin est encore en pourparlers avec les responsables syndicaux pour trouver un terrain d’entente sur les modalités de cette simplification d’organisation.

Une annonce qui suscite l’inquiétude auprès des 21 000 salariés de Michelin en France

À rappeler qu’une telle mesure n’est pas une nouveauté chez Michelin, dans la mesure où l’entreprise a déjà procédé à la suppression de 1 500 postes depuis 2017. La majorité des emplois supprimés étaient alors localisés au siège de la société à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) et aux États-Unis. Rappelons également que Michelin avait déjà procédé à une suppression historique de 7 500 emplois en 1999. Outre la suppression de postes, Michelin a aussi fermé deux de ses sites à La Roche-sur-Yon (Vendée) et à Bamberg (Allemagne).

Toutefois, Michelin s’est engagé à créer autant de postes qu’il en supprimera. À cet effet, l’entreprise prévoit d’accroître son activité dans divers domaines. Ainsi, l’entreprise veut miser sur des secteurs à fortes valeurs ajoutées pour assurer sa pérennité. En la matière, nous pouvons citer les activités d’exploitation de l’hydrogène, de l’impression 3D, des adhésifs ou encore du recyclage des déchets plastiques. Même en matière de pneumatique, la société prévoit de se recentrer dans des domaines comme l’aviation, les courses automobiles ou le secteur agricole. L’entreprise espère ainsi que d’ici 2030, 30 % de son chiffre d’affaires soit réalisé hors du secteur pneumatique.

Si Michelin tente tant bien que mal de rassurer ses employés, ces derniers ont tout de même exprimé une vive inquiétude sur le sujet, a rapporté Reuters. Face à la polémique, la ministre déléguée à l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher, a tenu à se montrer rassurante. « Avec les représentants du personnel, nous serons particulièrement vigilants pour que Michelin respecte ses engagements », a-t-elle déclaré à l’AFP.

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