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Image d’illustration — abriendomundo / Shutterstock.com

L’analyse d’une roche spatiale s’étant écrasée l’année dernière dans le sud-ouest de l’Angleterre a offert aux chercheurs un aperçu précieux de la composition du Système solaire il y a 4,6 milliards d’années.

La météorite de Winchcombe

La théorie dominante soutient que la Terre était stérile au moment de sa formation, car la région interne du Système solaire était trop chaude pour que l’eau liquide puisse y exister. Connue sous le nom de « ligne de gel », la limite de la région où la glace d’eau pouvait se former dans le Système solaire primitif se situe au niveau de la ceinture d’astéroïdes actuelle. Les scientifiques pensent que l’eau a pu arriver sur notre planète plus tard, via la chute de météorites glacées ou d’impacts plus massifs.

Si certaines théories prévoient que cet ingrédient essentiel à l’apparition de la vie ait pu être convoyé par des comètes, principalement constituées de glace et de poussière, ou d’autres corps similaires, l’examen de la météorite de Winchcombe, détaillé dans la revue Science Advances, renforce l’idée que les astéroïdes ont largement contribué à sa présence sur Terre.

La majeure partie de la roche spatiale avait été récupérée en février 2021 dans une allée du Gloucestershire, quelques heures seulement après avoir illuminé le ciel britannique. Première météorite chondrite carbonée (la plus ancienne classe de météorites contenant des matériaux présents lors de la formation du Système solaire) trouvée au Royaume-Uni, celle-ci a pu être collectée et analysée quelques heures seulement après sa chute, avant toute intempérie terrestre susceptible de la contaminer.

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Image au microscope électronique à balayage de l’intérieur de la météorite de Winchcombe — © University of Leicester

Des indices précieux

L’arrivée de la météorite a également été enregistrée par 16 caméras spécialisées et d’autres dispositifs amateurs, ce qui a permis aux scientifiques d’établir précisément la trajectoire de l’objet. L’équipe a ainsi pu déterminer qu’elle provenait d’un corps parent situé à plus de 300 millions de kilomètres, dans la région de Jupiter.

L’analyse étroite de la roche, dont l’eau représentait jusqu’à 11 % du poids, a révélé que la composition isotopique de l’hydrogène était très proche de celle des océans de la Terre. Des traces d’acides aminés d’origine extraterrestre (molécules prébiotiques considérées comme essentielles à l’émergence de la vie) ont également été trouvées.

Selon les scientifiques, de telles découvertes suggèrent que ce type de roches spatiales a joué un rôle clef dans la fourniture des ingrédients nécessaires à l’apparition des océans et de la vie sur la Terre primitive.

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