Image d’illustration — abriendomundo / Shutterstock.com

Vestige probable d’une ancienne protoplanète, cette relique d’une valeur inestimable pourrait offrir aux scientifiques des informations inédites au sujet de « l’enfance » de notre Système solaire.

Une relique vieille de 4,6 milliards d’années

Découverte dans le désert du Sahara en 2020, cette roche volcanique se serait formée deux millions d’années seulement après la naissance du Système solaire, ce qui fait actuellement d’elle la plus ancienne météorite jamais découverte, antérieure de près d’un million d’années à la précédente détentrice du record. Décrite dans la revue PNAS, celle-ci pourrait aider les scientifiques à mieux cerner les éléments constitutifs de notre planète.

« J’étudie les météorites depuis plus d’une vingtaine d’années, et il s’agit sans conteste de la plus fascinante qu’il m’ait été donné de voir », a estimé Jean-Alix Barrat, de l’université de Bretagne-Occidentale. Lors de l’analyse d’Erg Chech 002 (ou plus simplement EC 002), les chercheurs ont été surpris de constater à quel point elle différait des météorites ayant été précédemment découvertes.

Il s’agit d’un type de roche magmatique appelé andésite, que l’on trouve principalement sur Terre dans les zones de subduction (où des plaques tectoniques sont entrées en collision ou se sont chevauchées) et très rarement dans les météorites volcaniques (la plupart de celles trouvées sur Terre sont plutôt constituées de basalte).

Échantillon en coupe de Erg Chech 002

L’analyse de la composition chimique d’EC 002 a révélé que celle-ci était autrefois liquide et s’était solidifiée il y a près de 4,6 milliards d’années, ce qui suggère qu’elle faisait partie de la croûte d’une ancienne protoplanète s’étant probablement disloquée tôt dans l’Histoire du Système solaire.

« Plus on se rapproche des débuts du Système solaire, plus il devient compliqué d’obtenir des échantillons »

Les analyses réalisées ont également montré que le magma composant EC 002 avait mis au moins 100 000 ans à se refroidir et à se solidifier, ce qui suggère que celui-ci était exceptionnellement visqueux. Selon les chercheurs, une étude plus approfondie de cette roche rarissime pourrait nous aider à comprendre comment les planètes du Système solaire, et plus particulièrement la Terre, se sont formées.

Aucun astéroïde connu ne possédant une composition semblable à EC 002, il est très peu probable que d’autres reliques de ce très lointain passé existent encore. D’après les auteurs de l’étude, celles-ci se sont probablement agglomérées pour former des planètes ou ont été réduites en miettes.

« Plus on se rapproche des débuts du Système solaire, plus il devient compliqué d’obtenir des échantillons », a conclu Barrat. « Nous ne trouverons probablement pas d’exemple plus ancien que celui-ci. »

Représentation artistique d’un système planétaire en formation — © NASA

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EMI48

Artéfact, artefact
nom masculin

Phénomène d’origine humaine, artificielle, intervenant dans l’étude de faits naturels ; produit de l’art ou de l’industrie humaine.

Il y avait déjà des humains ? Intéressant !