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Une nouvelle étude britannique suggère que les mésanges bleues et charbonnières seraient capables d’identifier les réactions de dégoût de leurs congénères. Cette capacité d’observation développée leur permettrait notamment d’éviter les aliments potentiellement toxiques.

Séance de visionnage pour les mésanges

Présentés dans le Journal of Animal Ecology, ces travaux menés par des scientifiques de l’université de Cambridge, au Royaume-Uni, suggèrent que les mésanges bleues et charbonnières sont capables d’estimer à l’avance le goût et la toxicité des aliments leur étant présentés uniquement en observant leurs congénères s’alimenter. Afin de quantifier la capacité des oiseaux à apprendre d’autres représentants de leur espèce, les scientifiques britanniques les ont soumis à de véritables séances de visionnage.

Les séquences vidéo diffusées montraient les deux espèces de mésanges consommer de la nourriture contenue dans deux types de sachets distincts. La présence d’une croix sur certains d’entre eux indiquait qu’il s’agissait d’aliments considérés comme sains, tandis que les sachets marqués d’un carré noir renfermaient des flocons d’avoine ayant macéré dans une solution amère. Chaque fois qu’un volatile tombait sur les flocons amers, peu appréciés des mésanges, il manifestait son dégoût en secouant la tête et en s’essuyant le bec.

Un sens de l’observation aiguisé et une capacité de déduction étonnante

À l’issue de la séance de visionnage, les mésanges spectatrices ainsi qu’un groupe témoin (n’ayant pas vu les séquences vidéo), ont été soumis à la même expérience. Et il s’est avéré que les premières citées avaient tendance à consommer une quantité beaucoup plus faible de flocons d’avoine amers que les membres du second groupe. Selon les chercheurs, ces travaux démontrent que les mésanges se basent non seulement sur leur propre expérience mais également sur les réactions physiques de leurs semblables lorsqu’il est question de nourriture.

Ce sens de l’observation aiguisé et cette étonnante capacité de déduction expliqueraient pourquoi les mésanges bleues et charbonnières se côtoient souvent dans la nature : le fait d’évoluer régulièrement ensemble permettrait à ces deux espèces d’apprendre mutuellement et ainsi optimiser leurs techniques de chasse ou leur façon de s’alimenter.

Comme le concluent les chercheurs britanniques, cela se traduirait par un taux de survie plus élevé, non seulement chez les mésanges, mais également chez certains des insectes qu’elles chassent. Plus sélectifs, les volatiles auraient en effet tendance à se concentrer sur leurs proies favorites, offrant un répit relatif aux espèces qu’ils apprécient moins.

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