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Différents groupes de protection de l’environnement tentent d’empêcher la création de 3 500 puits de gaz naturel dans le Wyoming, susceptibles d’impacter un couloir de migration historique des antilopes d’Amérique.

Les antilopes du Wyoming menacées

Chaque année depuis 6 000 ans, les antilopes originaires du nord du Wyoming empruntent un couloir de migration de près de 275 kilomètres, et celui-ci se trouve actuellement menacé par la création de 3 500 nouveaux puits de gaz naturel dans le sud-ouest de l’État, récemment autorisée par l’administration Trump. Déposée par des groupes de protection de l’environnement, la pétition contestant cette décision estime que ces puits ont été approuvés sans que les dommages potentiels pour la faune locale (causés par la construction de plateformes de forage, routes, pipelines et autres infrastructures) n’aient été correctement évalués.

« Chez les ongulés, la mémoire de la migration se transmet des parents à la progéniture », note Linda Baker, directrice de la Green River Alliance. « Si nous coupons leur route de migration, cette mémoire est perdue. Cette région est un désert très froid, où ces animaux survivent en consommant des armoises. Si les antilopes ne peuvent pas atteindre leurs aires d’hivernage traditionnelles, elles ne survivront pas », ajoute-t-elle. L’exploitation de ces nouveaux puits de gaz naturel dans la région menacerait également les tétras, des volatiles ayant besoin de vastes aires sauvages pour pouvoir subsister.

Les antilopes concernées appartiennent à un troupeau ayant diminué de 40 % au cours de la dernière décennie. Environ 300 des individus le composant passent la période estivale dans le parc national de Grand Teton, dans le nord-ouest du Wyoming, et empruntent ce fameux couloir pour atteindre leurs aires d’hivernage, situées dans le sud-est de l’État.

« Il n’est tout simplement pas acceptable de laisser une belle espèce comme celle-ci disparaître »

La partie la plus septentrionale du couloir que les antilopes empruntent est protégée : les concessions pétrolières et gazières sont fermées, des passages pour la faune ont été installés le long des routes principales, tandis que des millions de dollars de clôtures respectueuses de la faune ont remplacé les fils barbelés. Malheureusement, la partie sud, où le gouvernement américain a autorisé la société Jonah Energy à construire 3 500 nouveaux puits, ne bénéficie pas d’une telle protection. Il s’avère par ailleurs que le couloir de migration à cette extrémité a déjà été rétréci par l’installation de deux exploitations gazières.

Les antilopes d’Amérique ne déviant pas de leurs routes historiques, bloquer l’accès à ces habitats du sud de l’État les condamnerait probablement. « Nous sommes très inquiets pour les antilopes du parc national de Grand Teton », déclare Kelly Fuller, directrice de la campagne sur l’énergie et l’exploitation minière du Western Watersheds Project. « Le Bureau de gestion du territoire ne s’est jamais préoccupé de ce qui arriverait au parc s’il perdait ses antilopes, ou ce qui arriverait aux communautés qui encouragent la migration de cette espèce pour le tourisme. »

Si l’agence gouvernementale ayant délivré ces nouveaux permis d’exploitation des combustibles fossiles a estimé qu’ils étaient conformes aux règles régissant la faune et la flore sauvages et la conservation, les écologistes dénoncent une vision à court terme. « Il n’est tout simplement pas acceptable de laisser une belle espèce comme celle-ci disparaître dans l’un de nos parcs nationaux les plus emblématiques », conclut Linda Baker.

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