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Dans le cadre d’un essai clinique de phase 2, des chercheurs de la Mount Sinai School of Medicine ont constaté qu’un médicament appelé evinacumab permettait de réduire de moitié les niveaux de cholestérol chez les patients souffrant d’hypercholestérolémie.

Un anticorps monoclonal pour réduire les niveaux de LDL

Bien que le cholestérol soit un composant essentiel des cellules, un certain type, connu sous le nom de lipoprotéine de basse densité (LDL) mais souvent décrit comme du « mauvais » cholestérol, peut induire des problèmes de santé lorsqu’il se trouve en concentrations trop élevées dans le sang. Cet état, appelé hypercholestérolémie, favorise la survenue de crises cardiaques, d’accidents vasculaires cérébraux ainsi que d’autres problèmes cardiovasculaires.

À l’heure actuelle, le traitement le plus efficace se révèle être une trithérapie comprenant des statines de haute intensité, un inhibiteur ciblant une protéine du foie appelée PCSK9 et une substance réduisant la quantité de cholestérol absorbée par l’intestin grêle. Malheureusement, celui-ci se révèle insuffisant pour de nombreux patients atteints d’une forme héréditaire de la maladie, connue sous le nom d’hypercholestérolémie familiale (HF).

Contrairement aux composés existants ciblant un gène du récepteur LDL, l’evinacumab utilise un mécanisme différent afin de réguler les taux de cholestérol. « Il s’agit d’un anticorps monoclonal entièrement humain qui inhibe l’angiopoïétine comme la protéine 3 (ANGPLT3) et abaisse le cholestérol LDL par une voie indépendante des récepteurs LDL », explique Robert Rosenson, chercheur principal de l’essai. « Des études génétiques ont montré que les personnes qui manquent ou ont de faibles taux d’ANGPTL3 ont, à vie, des taux de cholestérol LDL faibles et souffrent rarement de maladie cardiovasculaire athéroscléreuse. »

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Des résultats impressionnants

Détaillé dans le New England Journal of Medicine, l’essai clinique de phase 2 de l’evinacumab, en double aveugle et contrôlé par placebo, a impliqué 272 patients souffrant d’hypercholestérolémie. Le médicament et le placebo ont été administrés soit par voie sous-cutanée, soit par voie intraveineuse à des doses et intervalles différents.

Après 16 semaines, les participants ayant reçu des doses sous-cutanées hebdomadaires de 450 mg d’evinacumab présentaient un taux de cholestérol LDL inférieur de 56 % à celui du groupe sous placebo. Le groupe ayant reçu 300 mg par semaine a vu son taux baisser de 52,9 %, tandis que les sujets qui avaient reçu 300 mg toutes les deux semaines ont vu leur taux baisser de 38,5 %.

Les groupes s’étant vu administrer le traitement par voie intraveineuse ont également montré de bons résultats. Celui ayant reçu 15 mg d’evinacumab par kilogramme de poids corporel présentait un taux de cholestérol inférieur de 50,5 % à celui du groupe sous placebo, tandis que ceux qui ont reçu 5 mg par kilo ont vu leur taux baisser de 24,2 %.

« Notre étude démontre que l’administration sous-cutanée ou intraveineuse d’evinacumab peut avoir un impact significatif sur le cholestérol LDL », souligne Rosenson. « Si son utilisation est approuvée dans ce cadre, l’evinacumab pourrait potentiellement fournir aux cardiologues une voie thérapeutique supplémentaire majeure pour amener les patients atteints d’HF à atteindre ou à se rapprocher de leur objectif en matière de réduction du cholestérol. »

Ce composé fait actuellement l’objet d’un examen réglementaire aux États-Unis et en Europe

L’evinacumab semble également être bien toléré. Si l’un des sujets a expérimenté des difficultés respiratoires et un autre souffert d’une légère réaction anaphylactique, leur état s’est amélioré lorsqu’ils ont arrêté de prendre le médicament. Tandis que les deux décès enregistrés durant l’essai étaient liés à des conditions préexistantes.

Le composé fait actuellement l’objet d’un examen réglementaire aux États-Unis et en Europe en tant que complément à d’autres traitements hypolipidémiants chez les patients atteints d’hypercholestérolémie familiale homozygote, une forme particulière d’hypercholestérolémie familiale.

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