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Depuis quelques années, différentes substances récréatives sont réexaminées dans l’optique de soigner différents troubles et affections. La méthylènedioxyméthamphétamine, ou plus simplement MDMA, est l’une d’entre elles et se révèlerait efficace pour traiter l’alcoolisme.

Des résultats préliminaires impressionnants

Jusqu’à présent, le potentiel thérapeutique de la MDMA avait surtout été exploré pour le traitement du syndrome de stress post-traumatique (SSPT). Dans le cadre de travaux publiés dans le Journal of Psychopharmacology, une équipe de chercheurs britanniques dirigée par le psychiatre Ben Sessa a évalué ses effets chez les personnes souffrant d’une dépendance à l’alcool. Bien que de taille restreinte, l’essai clinique réalisé était le premier à explorer le potentiel de cette substance pour traiter la dépendance.

Quatorze sujets souffrant de troubles liés à l’alcool ont été recrutés par les chercheurs. D’une durée de deux mois, le traitement impliquait 10 séances (huit d’entre elles étaient des consultations d’une heure avec un psychothérapeute, tandis que les deux autres impliquaient des prises de MDMA sur une journée). Les résultats de cette preuve de concept ont montré que ce type de thérapie était non seulement sûr et bien toléré, mais également beaucoup plus efficace que toute autre approche actuellement utilisée pour traiter l’alcoolisme.

Alors que les sujets consommaient en moyenne 130 unités d’alcool par semaine au tout début de l’étude, neuf mois après l’essai, une consommation hebdomadaire supérieure à 14 unités d’alcool n’a été observée que chez un peu plus de 20 % d’entre eux.

Les précédents travaux de l’équipe avaient suggéré que la MDMA pouvait réduire le risque de rechute chez les personnes alcooliques — Bondar Pavel / Shutterstock.com

Aucune réaction indésirable observée pendant et après la prise de MDMA

D’après l’équipe, aucune réaction indésirable n’a été observé chez les sujets lors de la prise de la substance ou durant les jours suivants. Ce qui suggère que les sautes d’humeur négatives survenant deux à trois jours après la prise « récréative » de MDMA, signalée par de nombreux consommateurs depuis des années, pourraient être dues à la polytoxicomanie et à d’autres facteurs connexes plutôt qu’à la substance elle-même.

Bien qu’il s’agisse encore d’une recherche très préliminaire, d’autres études explorant l’efficacité de la thérapie par la MDMA sont en cours. Pour l’heure, les résultats suggèrent que, lorsqu’elle est administrée dans le cadre d’un programme thérapeutique clinique, cette substance se révèle extrêmement prometteuse pour traiter différents troubles.

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