En pleine ère victorienne, Mary Ann Cotton aurait tué 21 personnes en les empoisonnant avec de l’arsenic. Parmi ses victimes supposées, trois de ses maris, ses propres enfants, beaux-enfants et même un de ses amants. Retour sur l’histoire de celle qui est considérée comme la première tueuse en série d’Angleterre.

Veuve noire et arsenic

Mary Ann Cotton naît dans un petit village anglais en octobre 1832. Durant son enfance, elle reçoit une éducation stricte, son père étant un homme très croyant. Alors qu’elle n’a que huit ans, son père tomba dans un puits de près de 40 mètres dans la mine où il travaillait. Plusieurs années après, sa mère se remarie mais, Mary Ann, n’appréciant guère son beau-père et sa discipline de fer, ne tarde pas à quitter le foyer familial. Elle devint alors infirmière. Mais au bout de trois ans, elle finit par retourner auprès de sa mère, à Murton. C’est alors qu’elle rencontre son premier mari : William Mowbray. Ils auront huit enfants ensemble, dont sept sont morts d’une fièvre gastrique. Grâce à son assurance-vie, Mary Ann toucha 35 livres, soit l’équivalent de six mois de salaire d’un ouvrier de l’époque.

Rapidement, la jeune femme se remarie avec George Ward, un patient du dispensaire où elle travaille en tant qu’infirmière. En octobre 1866, son deuxième époux décède d’une fièvre gastrique. Bien que George soit très malade, sa mort soudaine étonna son médecin. Encore une fois, la jeune veuve perçoit une assurance-vie. Un mois après, Mary Ann fait la rencontre de celui qui sera son troisième mari : James Robinson. A ce moment donné, les morts se firent plus nombreux autour de la jeune Mary Ann. Effectivement, le nouveau-né de James Robinson, issu de son premier mariage, décéda. La mère et la fille de la jeune femme moururent quelque temps après. Puis ce fut le tour des deux autres enfants Robinson. Tous avaient succombé à une fièvre gastrique. Pourtant, nul ne soupçonna encore Mary Ann. Cependant, Robinson finit par mettre Mary Ann dehors à cause des dettes qu’elle avait contractées.

Rencontre avec Frédérick Cotton

Pendant quelque temps, Mary Ann vit dans la rue. C’est alors qu’elle fait la rencontre de Frédérick Cotton, le frère d’une de ses amies, Margareth. Veuf et père de deux enfants, Frédérick s’amouracha rapidement de Mary Ann. Surtout après la mort de sa sœur qui, encore bizarrement, décéda d’une fièvre gastrique. Alors enceinte de son onzième enfant, Mary Ann devient Madame Cotton. Elle apprit alors que son ancien amant, Joseph Nattas, vivait dans le village voisin, et elle déménagea avec sa nouvelle famille pour être plus proche de lui. Frédérick Cotton ne tarda pas à mourir lui aussi d’une fièvre gastrique. Encore une fois, Mary Ann toucha une assurance-vie.

Peu de temps après, l’un des fils de Frédérick Cotton mourut à son tour. Puis, ce fut au tour de Joseph Nattas. Avec 21 meurtres à son actif, il n’était plus possible qu’aucun soupçon ne pèse sur Mary Ann Cotton. Surtout après avoir commis son dernier meurtre. En effet, elle avait dit à un fonctionnaire de la paroisse de Charles Edward Cotton, fils de Frédérick : « Il va rejoindre le reste des Cotton. » Seulement cinq jours plus tard, Charles Edward décéda d’une fièvre gastrique. Il faut préciser qu’à l’époque victorienne, les empoisonnements accidentels à l’arsenic n’étaient pas rares. Ainsi, Mary Ann Cotton pouvait être au-dessus de tout soupçon, mais avec les accusations qui pesaient sur elle, les suspicions allaient bon train.

Arrestation, procès et exécution

Bien que des traces d’arsenic furent découvertes dans l’estomac de Charles, sa mort fut déclarée comme naturelle. Cependant, des journalistes s’étaient intéressés au passé de Mary Ann Cotton. Ils ne tardèrent pas à découvrir qu’elle avait déménagé trois fois en une vingtaine d’années, mais aussi que trois de ses maris, douze des ses enfants et beaux-enfants, ainsi que sa propre mère étaient décédés à la suite d’une fièvre gastrique. Il était certain que cela ne pouvait pas être de simples coïncidences. La police ne tarda pas à arrêter Mary Ann Cotton.

Comptine sur Mary Ann Cotton pour The Dead Milkmen

Son procès débuta le 5 mars 1873, et Mary Ann fut accusée de 21 meurtres. Après sa condamnation, le Times publia un article sur la première tueuse en série du Royaume-Uni. « Après condamnation, la misérable femme a manifesté une forte émotion, mais cela a fait place en quelques heures à son comportement habituel froid et réservé et alors qu’elle nourrit une forte conviction que la clémence royale sera étendue à son égard, elle affirme fermement son innocence des crimes dont elle a été reconnue coupable. » Mary Ann Cotton fut pendue le 24 mars 1873.

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