― JuliusKielaitis / Shutterstock.com

Le 21 septembre dernier, le YouTubeur connu sous le pseudonyme de Marvel Fitness a été condamné à deux ans de prison, dont un an ferme par le tribunal de Versailles pour « cyberharcèlement de meute ». Reconnu coupable de harcèlement moral sur neuf personnes et de violence sur avocat, il a également pour interdiction d’animer un site internet ou des comptes sur les réseaux sociaux, de créer de nouveaux contenus sur le web et de rentrer en contact avec les victimes.

Le YouTubeur est reconnu coupable d’insultes, menaces et appels au suicide

Plus connu sous le pseudonyme de Marvel Fitness, Habannou S. est suivi par 147 000 personnes sur YouTube. Connu pour partager des conseils pour sculpter son corps, il s’est également forgé une réputation de « polémiste » en commentant les travaux des autres influenceurs œuvrant dans le domaine du fitness. Par ailleurs, ses neuf plaignants – six femmes et trois hommes – sont majoritairement des influenceurs.

Aline Dessine, l’une de ses victimes, indique avoir été ciblée pour avoir critiqué une vidéo de l’accusé. Depuis, elle a dû faire face à de nombreuses insultes, des menaces et des appels au suicide de la part d’anonymes sur les réseaux sociaux. « Je sais que si j’ouvre mon téléphone maintenant, je vais avoir des dizaines de messages de menaces. J’ai beau bloquer, il y en a toujours plus », a-t-elle témoigné à la barre complètement bouleversée, ajoutant qu’elle a tout essayé pour que cela cesse.

Laure-Alice Bouvier, l’avocate des plaignants, fait également partie des victimes du YouTubeur. Nous voyons notamment ce dernier poursuivre l’avocate avec une caméra alors qu’elle lui demande d’arrêter de filmer. « Ce procès n’est pas celui des réseaux sociaux, mais celui d’un homme qui a choisi cette voie pour lancer des raids. Quand il appelle ses abonnés à s’en prendre à ses victimes, c’est immédiatement suivi d’effets », a-t-elle déclaré.

L’avocat du prévenu invoque une forme de « satire »

Habannou S. a choisi de garder le silence tout le long du procès. De son côté, Marc Goudarzian, son avocat, n’a pas cessé de dénoncer un dossier bâclé pour défendre son client. Selon lui, une multitude de vices de procédure justifieraient une nullité de toute l’affaire. En outre, il a également invoqué une forme de satire à l’encontre des personnages publics. « C’est exactement ce que faisaient les Guignols de l’info et ça entre dans le cadre de la liberté d’expression », a-t-il plaidé.

Cependant, la plaidoirie n’a visiblement pas convaincu les juges. Ainsi, le YouTubeur a été reconnu coupable par la chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Versailles de tous les faits qui lui étaient reprochés. Il a notamment été condamné à deux ans de prison, dont une année ferme ainsi que 10 000 euros d’amende. Sans oublier l’interdiction d’animer des sites internet ou réseaux sociaux et de créer de nouveaux contenus sur la toile.

D’après l’avocat spécialiste Thierry Vallat, ce serait la toute première fois qu’une personne est condamnée à de la prison ferme pour une affaire de cyberharcèlement de meute en France.

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