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Sur Mars, Curiosity découvre de nouvelles molécules organiques liées à la chimie du vivant

« Nous pensons être en présence de matière organique préservée depuis 3,5 milliards d’années »

— Dima Zel / Shutterstock.com

Dans le cadre d’une expérience pionnière, le rover Curiosity a détecté des molécules organiques inédites sur Mars, incluant des composés chimiques étroitement liés à l’émergence de la vie sur Terre.

Nouvelles trouvailles pour Curiosity

Si Mars est aujourd’hui aride, au cours des dernières décennies, des découvertes ont montré que dans un passé lointain, de l’eau coulait à sa surface, et qu’elle était dotée d’une épaisse atmosphère qui la protégeait du rayonnement solaire l’ayant finalement transformé en désert stérile.

Depuis son arrivée sur la planète rouge en 2012, Curiosity a sillonné le cratère Gale et arpenté les contreforts du mont Sharp, réalisant des détections qui ont permis d’éclairer l’évolution du climat et de la chimie martienne.

Récemment, l’analyse d’échantillons du lit asséché d’un lac proche de l’équateur martien a révélé la présence de sept molécules organiques, dont cinq n’avaient encore jamais été détectées sur notre voisine. Parmi elles, du benzothiophène, notamment convoyé par les météorites, et un composé organique azoté, dont les structures se révèlent similaires à celles de molécules considérées comme des précurseurs de l’ADN.

« Nous pensons être en présence de matière organique préservée depuis 3,5 milliards d’années », explique Amy Williams, chercheuse à l’université de Floride qui a supervisé l’expérience. « S’agit-il de vie ? Les données dont nous disposons actuellement ne permettent pas de l’affirmer. »

Vue du Mont Sharp capturée par Curiosity — © NASA / JPL-Caltech / MSSS

De potentielles traces de vie ancienne dans les sols martiens

On situe la fenêtre d’habitabilité potentielle de Mars il y a entre 4,1 et 3,7 milliards d’années, correspondant essentiellement aux premières traces de vie connues sur Terre.

Bien que les analyses menées, détaillées dans la revue Nature Communications, n’aient pas permis d’établir si leur origine était biologique ou abiotique (et donc possiblement le résultat de processus géologiques), de telles détections renforcent l’idée que si une vie microbienne a autrefois prospéré sur notre voisine, des vestiges subsistent probablement aujourd’hui dans ses sols.

Ces nouveaux résultats ont également des implications pour la mission Rosalind Franklin, dont le lancement est fixé à 2028. Une fois sur notre voisine, le rover de l’Agence spatiale européenne prélèvera des échantillons jusqu’à deux mètres de profondeur, dont l’examen à l’aide d’instruments plus sophistiqués que ceux de Curiosity visera à préciser leur origine.

Précédemment, Perseverance avait découvert ses premières « pierres précieuses » sur Mars.

Par Yann Contegat, le

Source: The Guardian

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