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L’étude internationale BIOMEDE, coordonnée en France par le Dr Jacques Grill, pédiatre dans le département de cancérologie de l’enfant et de l’adolescent à l’institut Gustave-Roussy (Villejuif), valide pour la première fois des marqueurs biologiques pronostiques dans le gliome infiltrant de l’enfant. Une découverte qui va transformer la prise en charge de ce type de cancer.

Une découverte révolutionnaire

Conduite depuis cinq ans auprès de 230 patients, l’étude BIOMEDE a été menée dans 70 centres d’Europe et d’Australie. Il s’agit de la plus importante étude réalisée à ce jour sur ce sujet, et ses résultats vont révolutionner la prise en charge des gliomes infiltrants du tronc cérébral. Il faut savoir que les gliomes infiltrants du tronc cérébral sont des cancers du cerveau au pronostic mortel, car inopérables, qui touchent les enfants, les adolescents et les jeunes adultes. 

Jusqu’ici, aucun traitement médical n’avait été validé et les médecins se basaient uniquement sur l’imagerie par résonance magnétique (IRM) pour le diagnostic. Le seul traitement connu était la radiographie mais son effet n’est que transitoire et ne fait gagner au patient que quelques mois.

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Confirmer de manière certaine le diagnostic pour orienter le choix des traitements

Le Dr Grill explique dans le communiqué de l’institut Gustave-Roussy que « grâce à l’étude BIOMEDE, nous avons découvert que dans près de 10 % des cas, le diagnostic radiologique était pris en défaut. En fait, il existe des tumeurs d’une tout autre nature qui peuvent radiologiquement ressembler à ces gliomes mais qui nécessitent un traitement différent.” Ainsi, la réalisation d’une biopsie au moment même du diagnostic dans le but de réaliser un séquençage de la tumeur permet de proposer une thérapie ciblée en fonction du profil de la tumeur.

En effet, la réalisation d’une biopsie permet de différencier des formes plus ou moins agressives des gliomes infiltrants du tronc cérébral. Ainsi, selon le profil de la tumeur – profil qui est déterminé par la biopsie – il est désormais possible de proposer en plus de la radiothérapie habituelle trois médicaments : évérolimus, erlotinib ou dasatinib. Si l’étude ne montre pas de différence significative entre les trois traitements sur le plan de la survie globale, cela permet néanmoins un gain de survie de deux à trois mois, ce qui est révolutionnaire dans ce cas de maladie. Certains patients ont même survécu au-delà de deux ans.

« À l’avenir nous ne pourrons donc plus considérer ces tumeurs comme une seule entité et il sera capital de tenir compte de ces anomalies pour mieux analyser les résultats des essais et adapter le traitement« , conclut le Dr Jacques Grill.

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